Homélie pour le deuxième dimanche dans l’année
Année A - Jean 1, 29-34
par
le Père Daniel Meynen
"Jean vit Jésus venir à lui et il dit : «Voici
l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde.
C’est lui dont je disais : Après moi vient un homme qui est passé
devant moi, parce qu’il existe avant moi. Je ne le connaissais pas,
mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il fût manifesté
à Israël.» (Jean avait fait cette déclaration
: «J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe, et se poser
sur lui.») «Pour moi donc, je ne le connaissais pas,
mais celui qui m’avait dit de baptiser dans l’eau m’avait dit : Celui sur
qui tu verras l’Esprit descendre et se poser, c’est lui qui baptise dans
l’Esprit-Saint. Je l’ai vu, et j’atteste qu’il est le Fils de Dieu.»"
Homélie :
"Jean vit Jésus venir à lui et il dit : «Voici
l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde.»"
L’évangile de ce dimanche est tout entier consacré aux
paroles de Jean-Baptiste : ce sont les mots même du Précurseur
de Jésus que l’Eglise nous propose en ce jour ! "Voici l’Agneau
de Dieu, qui ôte le péché du monde." Ces paroles,
nous les connaissons bien, car l’Eglise les a reprises pour les dire elle-même
au Peuple de Dieu, le nouvel Israël, lorsque les fidèles s’apprêtent
à communier au Corps et au Sang du Christ lors de la célébration
eucharistique. "Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché
du monde."
Pourquoi l’Eglise a-t-elle repris ces paroles, plutôt que d’autres
? La réponse est simple : il existe une relation de convenance
entre Jésus-Eucharistie et Jésus-Agneau. En effet,
sous l’un et l’autre signe, Jésus semble dépourvu d’une âme
raisonnable et spirituelle. Sous le signe du pain et du vin, Jésus
se rend présent sous le signe d’une nourriture corporelle : tout
en conservant son âme spirituelle, c’est comme si Jésus était
réduit à ne posséder plus qu’un simple corps.
Pareillement, lorsque l’Eglise, à la suite de Jean-Baptiste, appelle
Jésus l’Agneau de Dieu, c’est comme si Dieu, en Jésus, tout
en conservant sa divinité spirituelle, était réduit
à ne conserver plus, en Jésus, qu’une simple dimension corporelle.
"«C’est lui dont je disais : Après moi vient un homme
qui est passé devant moi, parce qu’il existe avant moi.»"
Jean-Baptiste est rempli de ces contrastes ! Nous venons de le
voir lorsqu’il désigne Jésus comme l’Agneau de Dieu : il
désigne l’Etre spirituel par le moyen d’un animal corporel !
Il dira aussi, parlant du Christ : "A lui de grandir, à moi de m’effacer."
(Jn. 3, 30) N’est-ce pas là notre modèle de vie ?
Ne devons-nous pas laisser passer Jésus devant nous ?
Ne devons-nous pas diminuer pour que Jésus grandisse en nous ?
Ne devons-nous pas faire abstraction de notre jugement et de notre intelligence
lorsque nous proclamons notre foi à l’Eucharistie ? Car ce
que nous voyons, ce que nous goûtons, ce n’est que du pain, ce n’est
que du vin, et pourtant, c’est bien Jésus tout entier que nous recevons
en nous, avec son corps, son âme, sa divinité !
"«Je ne le connaissais pas, mais, si je suis venu baptiser
dans l’eau, c’est pour qu’il fût manifesté à Israël.»"
Jean-Baptiste nous montre la route à suivre : il accomplit la
mission qui lui a été confiée sans qu’il sache clairement
qui est Jésus ! Jean-Baptiste croit au Messie qui va venir
et cela lui suffit ! Sa foi est toute sa force pour remplir sa mission.
Et sa foi le pousse à être l’instrument du Christ, l’intermédiaire
par lequel le Messie va être manifesté à Israël
: "Si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il fût manifesté
à Israël." C’est là tout ce que nous avons à
faire durant notre vie sur terre : être les témoins du Christ
Sauveur des hommes ! Si nous voulons mériter le ciel, et éviter
l’enfer, alors, il ne faut pas hésiter : comme Jean-Baptiste, redisons
à tous les hommes et toutes les femmes de la terre que Jésus
est l’Agneau de Dieu ! Et surtout, rendons honneur et gloire à
Jésus-Eucharistie : témoignons de notre foi au Dieu vivant
!
"«Pour moi donc, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’avait
dit de baptiser dans l’eau m’avait dit : Celui sur qui tu verras l’Esprit
descendre et se poser, c’est lui qui baptise dans l’Esprit-Saint.
Je l’ai vu, et j’atteste qu’il est le Fils de Dieu.»"
La mission de Jean-Baptiste est très spéciale : il a une
mission propre, une mission prophétique. Dieu lui a parlé
! "Celui qui m’avait dit de baptiser dans l’eau m’avait dit . . ."
C’est Dieu qui lui avait dit de baptiser dans l’eau ! Mais Jean-Baptiste
n’en reste pas moins le modèle de l’Eglise, car l’Eglise aussi est
prophète : "Le peuple saint de Dieu participe de la fonction prophétique
du Christ : il répand son vivant témoignage avant tout par
une vie de foi et de charité, il offre à Dieu un sacrifice
de louange, le fruit des lèvres qui célèbrent son
Nom." (Concile Vatican II, Lumen Gentium, n. 12) Le prophète
en effet est celui qui transmet au peuple de Dieu les paroles que le Seigneur
lui a dites, ou qui accomplit concrètement ce que Dieu lui a ordonné
de faire.
Demandons à la Très Sainte Vierge Marie de nous aider
à suivre son divin Fils, toujours et partout. Qu’Elle nous
aide à atteindre la victoire de la foi en accomplissant la mission
que Dieu a confiée à son Eglise ! Que, par Marie, l’Agneau
de Dieu nous fortifie pour le bon combat de la foi !
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