Homélie pour le Dimanche de Pâques 1999
Année
A - Jn. 20, 1-9
par
le Père Daniel Meynen
"Le premier jour qui suivait le sabbat, de grand matin, lorsqu'il
faisait encore noir, Marie de Magdala se rendit au sépulcre ; elle
vit la pierre enlevée du tombeau. Elle court donc auprès
de Simon-Pierre et de l'autre disciple que Jésus aimait et leur
dit : «On a enlevé du tombeau le Seigneur, et nous ne savons
pas où on l'a mis !» Pierre partit avec l'autre disciple,
et ils se rendirent au tombeau. Ils couraient tous les deux, mais
l'autre disciple, plus rapide que Pierre, prit les devants et arriva le
premier au tombeau. Il se pencha, vit les linges posés là,
mais il n'entra pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à
son tour ; il entre dans le caveau, voit les linges posés là,
ainsi que le suaire qui avait couvert la tête de Jésus, non
pas avec les linges, mais enroulé à part à une autre
place. Alors l'autre disciple, arrivé le premier, s'introduisit
à son tour dans le tombeau. Il vit et il crut. En effet,
ils n'avaient pas encore compris, d'après l'Ecriture, qu'il devait
ressusciter des morts."
Homélie :
"Le premier jour qui suivait le sabbat, de grand matin, lorsqu'il
faisait encore noir, Marie de Magdala se rendit au sépulcre ; elle
vit la pierre enlevée du tombeau. Elle court donc auprès
de Simon-Pierre et de l'autre disciple que Jésus aimait et leur
dit : «On a enlevé du tombeau le Seigneur, et nous ne savons
pas où on l'a mis !»"
Marie de Magdala se rend au sépulcre de grand matin, le lendemain
du sabbat des Juifs, ce lendemain que nous appelons maintenant "dimanche",
ou jour du Seigneur. Ce n’est pas sans raison que Marie de Magdala
se rend au sépulcre : elle sait fort bien ce qui s’était
passé la veille du sabbat, puisqu’elle était au pied de la
croix de Jésus, avec Marie, la Mère du Sauveur, et Saint
Jean, le disciple que Jésus aimait. "Auprès de la croix
de Jésus, se tenaient sa mère, la soeur de sa mère,
Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala." (Jn. 19, 25)
Si Marie de Magdala s’est rendue au sépulcre, c’est pour apporter
des aromates (cf. Mc. 16, 1), afin d’honorer ainsi le corps du Sauveur
qu’elle a vu mourir sur la croix du Calvaire. De grand matin, Marie
de Magdala arrive au sépulcre afin de rendre elle-même un dernier
hommage à ce corps qui abritait une si tendre et une si persuasive
parole, celle qu’elle avait entendue si souvent sortir des lèvres
du Maître de la Vie ! Cette parole était devenue sa
propre vie : son devoir était de l’honorer par tous les moyens et
à tous prix. Marie de Magdala savait d’ailleurs qu’un gros
obstacle allait se dresser devant elle, puisqu’elle se demandait, avec
ses compagnes : "Qui nous roulera la pierre de l’entrée du tombeau
?" (Mc. 16, 3)
Quand Marie de Magdala arrive au sépulcre, elle voit que la pierre
est enlevée ! "Elle vit la pierre enlevée du tombeau."
Toujours éprise de ce corps qu’elle veut tant honorer par les parfums
qu’elle a apportés, Marie de Magdala s’en va prévenir Pierre,
ainsi que Jean, car ce sont eux, elle le sait, qui vont pouvoir la mettre
sur le chemin qui conduit à retrouver ce corps disparu. "Elle
court donc auprès de Simon-Pierre et de l'autre disciple que Jésus
aimait et leur dit : «On a enlevé du tombeau le Seigneur,
et nous ne savons pas où on l'a mis !»"
"Pierre partit avec l'autre disciple, et ils se rendirent au tombeau.
Ils couraient tous les deux, mais l'autre disciple, plus rapide que Pierre,
prit les devants et arriva le premier au tombeau. Il se pencha, vit
les linges posés là, mais il n'entra pas. Simon-Pierre,
qui le suivait, arrive à son tour ; il entre dans le caveau, voit
les linges posés là, ainsi que le suaire qui avait couvert
la tête de Jésus, non pas avec les linges, mais enroulé
à part à une autre place."
Lorsque Pierre et Jean partent pour le tombeau, Marie de Magdala les
accompagne : pour elle, il faut suivre les deux disciples du Seigneur,
car ce sont eux qui vont la mettre sur la piste pour retrouver le corps
du Sauveur ! Ainsi, les disciples arrivent au tombeau, et ils voient
que tout est en ordre : Pierre "entre dans le caveau, voit les linges posés
là, ainsi que le suaire qui avait couvert la tête de Jésus,
non pas avec les linges, mais enroulé à part à une
autre place."
Le corps du Seigneur n’est plus là, mais un autre corps, d’un
autre genre, est visible : c’est l’ensemble des linges qui entouraient
le corps même du Sauveur. C’est un corps d’un autre genre,
car c’est un signe : un signe disant que le Seigneur Jésus est ressuscité
! Ordinairement, un signe doit être interprété.
Mais le signe dont il s’agit ici doit être cru, car c’est un signe
du corps du Sauveur. Le Christ en effet ressemblait aux autres hommes
par l’aspect extérieur de son corps : il fallait absolument croire
que ce corps abritait en lui le Verbe de Dieu !
"Alors l'autre disciple, arrivé le premier, s'introduisit
à son tour dans le tombeau. Il vit et il crut. En effet,
ils n'avaient pas encore compris, d'après l'Ecriture, qu'il devait
ressusciter des morts."
Jésus est ressuscité ! Saint Jean, le disciple que
Jésus aimait, entre dans le tombeau, et ce qu’il voit le conduit
à croire à la résurrection du Sauveur. Il n’y
a pas de doute que Pierre ait cru le premier, mais il a probablement gardé
tout cela dans son coeur, tout comme Marie, la Mère de Jésus,
lors de la naissance de son divin Fils (cf. Lc. 2, 19) De toute façon,
ce ne furent pas les Ecritures qui convainquirent les disciples de la résurrection
du Sauveur : "Ils n'avaient pas encore compris, d'après l'Ecriture,
qu'il devait ressusciter des morts." Il fallait qu’ils fussent témoins
d’un événement matériel, corporel, et bien tangible,
pour qu’ils crussent enfin ce que les Ecritures avaient annoncé.
Par sa résurrection d’entre les morts, le Seigneur Jésus
est devenu pour toujours Maître de l’Univers entier, tant spirituel
que corporel. Désormais, tout être créé
doit rendre hommage à son Créateur : c’est ce que Pierre
et Jean ont expérimenté lorsqu’ils entrèrent dans
le sépulcre de leur Sauveur et Maître ! Ils atteignirent
alors la plénitude de la foi au Fils de Dieu, cette foi que le centurion
romain présent à la mort du Sauveur recevait seulement pour
la première fois, disant : "Assurément, cet homme était
Fils de Dieu." (Mc. 15, 39)
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