Homélie pour la Conversion de Saint Paul
25 janvier 2009

Ac 9, 1-22 - 1 Cor 7, 29-31 - Mc 16, 15-18

par le Chanoine Dr. Daniel Meynen


Année Saint Paul 2008-2009



Ac 9, 1-22


Ac 9, 1, Saul, ne respirant toujours que menaces et tueries contre les disciples du Seigneur, alla trouver le grand prêtre. 2, Il lui demanda des lettres à l'adresse des synagogues de Damas, afin que, s'il y découvrait des adeptes de cette secte, hommes ou femmes, il pût les amener en captivité à Jérusalem. 3, Il était en route et approchait déjà de Damas, quand il se vit soudain enveloppé d'une lumière étincelante venant du ciel. 4, Renversé à terre, il entendit une voix lui dire : «Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ?» 5, Il répondit : «Seigneur, qui es-tu ?» Et lui : «Je suis Jésus que tu persécutes. Il t'est dur de regimber contre l'aiguillon.» 6, Saisi de stupeur et d'effroi, Saul dit : «Seigneur, que veux-tu que je fasse ?» Et le Seigneur répondit : «Relève-toi, entre en ville. On te dira là ce que tu dois faire.» 7, Ses compagnons de voyage étaient là, figés de stupeur, entendant bien la voix, mais n'apercevant personne. 8, Saul se releva de terre ; mais, bien qu'il ouvrît les yeux, il n'y voyait plus. On dut le prendre par la main pour le conduire à Damas, 9, où il resta trois jours aveugle, sans manger ni boire. 10, Or, il y avait à Damas un disciple du nom d'Ananie. Le Seigneur lui dit dans une vision : «Ananie !» - «Me voici, Seigneur», répondit-il. 11, Le Seigneur reprit : «Lève-toi, rends-toi dans la rue Droite, et va trouver dans la maison de Jude un homme nommé Saul, de Tarse ; il est en prière.» 12, Or Saul, dans une vision, avait vu un homme nommé Ananie entrer chez lui et lui imposer les mains pour lui rendre la vue. - 13, Ananie répondit : «Seigneur, j'ai entendu dire à beaucoup de gens tout le mal que cet homme a fait aux saints de Jérusalem. 14, Et il se trouve ici avec un mandat des grands prêtres pour arrêter tous ceux qui invoquent ton Nom.» 15, Mais le Seigneur lui dit : «Va ; cet homme est pour moi un instrument de choix qui portera mon Nom devant les nations, les rois, et les enfants d'Israël ; 16, et je lui montrerai tout ce qu'il lui faudra souffrir pour mon Nom.» 17, Ananie sortit. Arrivé dans la maison, il imposa les mains à Saul en disant : «Saul, mon frère, c'est le Seigneur, ce Jésus qui t'est apparu sur le chemin, qui m'envoie, afin que tu recouvres la vue et que tu sois rempli du Saint-Esprit.» 18, A l'instant, il tomba des yeux de Saul comme des écailles, et il recouvra la vue. Il se leva et reçut le baptême. 19, Puis il mangea, et les forces lui revinrent. Il passa quelques jours avec les disciples de Damas. 20, Aussitôt il se mit à proclamer dans les synagogues que Jésus est le Fils de Dieu. 21, Tous ses auditeurs disaient, dans leur stupéfaction : «N'est-ce pas cet homme qui, à Jérusalem, persécutait ceux qui invoquent le nom de Jésus ? N'est-ce pas lui qui est venu ici tout exprès pour les arrêter et les conduire aux grands prêtres ?» Mais Saul sentait grandir sa puissance : il confondait les Juifs de Damas, en leur démontrant que Jésus est le Christ.



1 Cor 7, 29-31


1 Cor 7, 29, Frères, le temps se fait court. Il faut donc que ceux qui ont une femme vivent comme s'ils n'en avaient pas ; 30, ceux qui pleurent, comme s'ils ne pleuraient pas ; ceux qui sont dans la joie, comme s'ils n'étaient pas dans la joie ; ceux qui achètent, comme s'ils ne possédaient pas ; 31, et ceux qui usent de ce monde, comme s'ils n'en usaient pas. Car elle passe la figure de ce monde.



Mc 16, 15-18


Mc 16, 15, Le Seigneur dit à ses disciples : «Allez par tout le monde, prêchez l'Évangile à toute la création. 16, Celui qui croira et se fera baptiser sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. 17, Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : ils chasseront les démons en mon nom, parleront des langues nouvelles ; 18, ils saisiront des serpents ; s'ils boivent quelque poison mortel, il ne leur fera point de mal ; ils imposeront les mains aux infirmes, qui s'en trouveront guéris.»


Homélie :


Il y a deux mille ans, naissait Saul de Tarse, celui qui allait devenir Saint Paul, l'Apôtre des Nations. A cette occasion, le Pape Benoît XVI a décrété une Année Saint Paul, allant du 28 juin 2008 au 29 juin 2009. Semblablement, la Congrégation Romaine pour le Culte Divin a permis de célébrer aujourd'hui, dimanche 25 janvier 2009, la fête de la Conversion de Saint Paul, en lieu et place de la célébration dominicale ordinaire.


Saul est un juif de la secte des pharisiens (cf. Ac 23, 6). C'est en tant que pharisien que Saul assiste au martyre du diacre Saint Etienne : "Les témoins déposèrent leurs vêtements aux pieds d'un jeune homme nommé Saul." (Ac 7, 58 ; cf. Ac 8, 1). C'est en tant que pharisien que Saul passe ses années de jeune homme à persécuter les premiers chrétiens : "Saul, ne respirant toujours que menaces et tueries contre les disciples du Seigneur, alla trouver le grand prêtre. Il lui demanda des lettres à l'adresse des synagogues de Damas, afin que, s'il y découvrait des adeptes de cette secte, hommes ou femmes, il pût les amener en captivité à Jérusalem." (Ac 9, 1-2 ; cf. Ac 22, 4)


Saul est en route pour Damas, en Syrie. Nous sommes en l'an 37 de notre ère, soit environ sept ans après la Résurrection du Seigneur. A son départ de Jérusalem, Saul ne se doute pas que le chemin qu'il emprunte n'est pas une route ordinaire : c'est un chemin sur lequel il va rencontrer le Sauveur des hommes, Jésus, Celui qui a dit : "C'est moi le Chemin." (Jn 14, 6) Soudain, en effet, une grande lumière surprend Saul, qui tombe de son cheval : "Il était en route et approchait déjà de Damas, quand il se vit soudain enveloppé d'une lumière étincelante venant du ciel. Renversé à terre, il entendit une voix ..." (Ac 9, 3-4)


Que s'est-il passé ? Saul, tout en étant aveuglé, corporellement, par une lumière éblouissante, une lumière dont la puissance extraordinaire manifestait la Toute-Puissance de Dieu, qui "est Lumière" (1 Jn 1, 5), Saul, dis-je, était inondé spirituellement, dans son âme, dans son esprit, d'une grâce spéciale de Dieu qui l'appelait désormais, non plus à persécuter son Église, mais bien à la servir par la prédication de l'Évangile. La grâce de Dieu, qui est toute-puissante, est venu frapper l'esprit de Saul à ce moment précis où celui-ci réfléchissait aux menaces et aux tueries (cf. Ac 9, 1) contre les chrétiens : cette grâce divine venant de l'Esprit-Saint, qui agit dans la mémoire des croyants (cf. Jn 14, 26), transforma la réflexion malsaine de Saul en un regret et une contrition sincère de tous ses méfaits contre les chrétiens.


Comme Saint Paul le suggère lui-même dans son épître aux Galates, après sa conversion sur le chemin de Damas, après la guérison de sa cécité, et surtout après son baptême, Saul ne commença pas tout de suite à annoncer l'Évangile, mais il fit d'abord l'expérience du désert, pendant trois ans environ : "Le jour où celui qui m'avait mis à part dès le sein maternel et appelé par sa grâce trouva bon de révéler en moi son Fils pour que je le fasse connaître parmi les païens, aussitôt, sans consulter âme qui vive, sans monter à Jérusalem auprès des apôtres, mes prédécesseurs, je partis pour l'Arabie ; de là je retournai à Damas. Trois ans plus tard, je montai à Jérusalem faire la connaissance de Céphas (Simon-Pierre) ..." (Ga 1, 15-18)


Ainsi, la conversion de Saul sur le chemin de Damas, si importante soit-elle, ne fut que le commencement d'une longue période - trois ans - de réflexion et de prière, alimentée par la lecture des Saintes Écritures qui, toutes, annonçaient le Christ tant attendu et dont la venue était enfin réalisée. Le cheminement de Saul alla si loin qu'il pouvait finalement déclarer à tous : "Annoncer l'Évangile n'a rien qui me rende fier ; c'est une nécessité qui me presse. Malheur à moi, si je n'annonce pas l'Évangile ! Si je le faisais de mon propre gré, j'en mériterais récompense ; si je le fais malgré moi, c'est une fonction qui m'est confiée. Alors, quelle est ma récompense ? C'est, dans la prédication de l'Évangile, de l'offrir gratuitement, sans user du droit que cette prédication me confère." (1 Cor 9, 16-18)


Que la Très Sainte Vierge Marie, Mère du Christ et de l'Église, nous aide à annoncer l'Évangile de son Fils, sur les traces de Saint Paul !



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