Homélie pour la fête de la Nativité du Seigneur
Année A

Is 9, 1-6 - Tt 2, 11-14 - Lc 2, 1-14

par le Chanoine Dr. Daniel Meynen


La naissance du Fils de Dieu



Is 9, 1-2 & 5-6


Is 9, 1, Le peuple qui marchait dans l'obscurité a vu une grande lumière ; sur ceux qui habitaient un pays ténébreux une lumière a resplendi. 2, Tu as suscité une immense allégresse, tu as provoqué une grande joie ; on se réjouit devant toi comme dans la liesse de la moisson, comme on est dans l'allégresse au partage du butin. 5, Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; la souveraineté repose sur son épaule, et il se nomme : conseiller merveilleux, Dieu fort, Père éternel, Prince de la paix. 6, L'empire sera grand et la paix sans fin sur le trône de David et dans son royaume. Il l'établira et le maintiendra par le droit et par la justice, dès maintenant et à jamais. Voilà ce que fera le zèle du Seigneur des armées.


"Un enfant nous est né, un fils nous a été donné !" Isaïe, et l'Église après lui, le proclament depuis des siècles ! C'est une réalité historique, et nous le croyons d'une foi simplement humaine. Mais il ne s'agit pas seulement d'un enfant, d'un fils d'homme. Celui qui est né il y a deux mille ans, est non seulement homme, mais aussi et d'abord Dieu ! Cela, nous le croyons aussi, mais d'une foi surnaturelle et divine. "Et il se nomme : conseiller merveilleux, Dieu fort, Père éternel, Prince de la paix."


"Il se nomme : Prince de la paix !" Car le Fils de Dieu est venu sur terre pour pacifier notre coeur, le coeur de tout homme, de toute femme. Déjà Isaïe a ressenti en lui cette paix du Fils de Dieu, une paix encore lointaine, une paix en espérance, mais une paix quand même ! Car Isaïe, et avec lui tous ceux qui ont vécu avant la venue du Christ, n'a pas pu voir l'Enfant-Dieu nouveau-né : Isaïe n'a pas pu, par sa foi simplement espérante, rompre le Pain de Vie descendu du Ciel (cf. Jn 6, 51).


Grâce à Dieu, grâce à Marie, notre Médiatrice auprès de l'unique Médiateur, nous pouvons, aujourd'hui, rompre le Pain de Vie ! C'est-à-dire que l'Enfant, ce Fils d'homme venu au monde dans la Maison du Pain (c'est la signification de «Bethléem»), n'est qu'une simple enveloppe charnelle permettant au Fils de Dieu de communiquer avec nous, avec tous les hommes et toutes les femmes de la terre. Et cette enveloppe charnelle doit être brisée, rompue, par la foi, une foi forte, adhérente, afin d'atteindre, par grâce, le Verbe de Vie, la Parole de Dieu, le Fils bien-aimé du Père ! "Tel est le Pain descendu du Ciel." (Jn 6, 58)



Tt 2, 11-14


Tt 2, 11, La grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, s'est manifestée. 12, Elle nous enseigne à renoncer à l'impiété et aux convoitises mondaines, pour vivre dans le siècle présent avec retenue, justice et piété, 13, dans l'attente de notre espérance bienheureuse et de la manifestation glorieuse de notre grand Dieu et Sauveur, le Christ Jésus. 14, Il s'est livré lui-même pour nous afin de nous racheter de toute iniquité et de se faire, en le purifiant, un peuple qui lui appartienne en propre, et zélé pour le bien.


Saint Paul, dans la seconde lecture, résume fort bien toute l'économie du Salut en Jésus-Christ. "La grâce de Dieu s'est manifestée !" En venant au monde, par Marie, l'Enfant-Jésus nous apporte sa grâce, déjà présente dès la création de l'homme (cf. Gn 2, 7), afin de nous convertir à Dieu, dans le Christ : "Elle nous enseigne à renoncer à l'impiété et aux convoitises mondaines, pour vivre dans le siècle présent avec retenue, justice et piété." "La grâce de Dieu s'est manifestée !" Elle nous est offerte sans cesse, par l'Église, au moyen des sacrements, au moyen de l'Église elle-même, Mystère et Sacrement du Salut en Jésus-Christ !



Lc 2, 4-11


Lc 2, 4, Joseph aussi quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée vers la ville de David, nommée Bethléem, (parce qu’il était de la maison et de la famille de David) 5, pour se faire inscrire avec Marie devenue son épouse, alors enceinte. 6, Or, pendant qu’ils étaient là, son terme arriva, 7, et elle mit au monde son fils premier-né. Elle l’emmaillota et le coucha dans une crèche, faute de place pour eux à l’hôtellerie. 8, Dans les environs, des bergers qui vivaient aux champs veillaient la nuit pour garder leur troupeau. 9, Un ange du Seigneur leur apparut, la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux, et ils furent saisis d’une grande crainte. 10, Mais l’ange leur dit : «Rassurez-vous : je vous porte la bonne nouvelle d’une grande joie qui va toucher tout le peuple : 11, aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur vous est né, qui est le Christ, le Seigneur.»


Marie, la Mère de Dieu et du Christ, met au monde son fils unique, et donc premier-né. Par Elle, la Grâce des grâces est donnée au monde entier, représenté par son Époux humain, Saint Joseph. Depuis ce temps, selon une Tradition continue, tous les fidèles du Christ recourent à l'intercession de la Vierge Marie, contre vents et tempêtes, afin d'être secourus en temps opportun. En vertu de cette mise au monde, il n'y a rien qui ne puisse être confié à la Vierge Marie sans que celle-ci emploie toute sa puissance pour heureux succès !


Marie, Épouse mystique de l'Esprit-Saint, reçoit même de Dieu l'aide des Anges, qu'Elle envoie aux bergers des alentours de Bethléem : "Je vous porte la bonne nouvelle d’une grande joie qui va toucher tout le peuple : aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur vous est né, qui est le Christ, le Seigneur." Ecoutons la voix des Anges, écoutons le murmure de la grâce de Dieu, qui, par Marie, nous appelle au service du Très-Haut, par la foi, l'espérance, et la charité !



Pour commander tout de suite l'homélie hebdomadaire, cliquez ici !


Homélies supplémentaires sur le même évangile :

http://meynen.homily-service.net/an99/anativfr.htm
http://meynen.homily-service.net/an2002/anativfr.htm