Homélie pour le Dimanche des Rameaux
Année A

Is 50, 4-7 - Phil 2, 6-11 - Mt 27, 50-54

par le Chanoine Dr. Daniel Meynen


La Gloire du Crucifié



Is 50, 4-7


Is 50, 4, Le Seigneur Dieu m'a donné la langue d'un disciple, pour que je sache réconforter par la parole celui qui est abattu. Chaque matin il éveille mon oreille pour que j'écoute en disciple ; 5, le Seigneur Dieu m'a ouvert l'oreille ; et je n'ai pas regimbé, je ne me suis pas esquivé. 6, J'ai tendu le dos à ceux qui me frappaient, et les joues à ceux qui m'arrachaient la barbe ; je n'ai pas dérobé mon visage aux outrages et aux crachats. 7, Mais le Seigneur Dieu vient à mon aide, c'est pourquoi je ne me suis pas senti déshonoré, je me suis durci le visage comme une pierre, certain de n'être pas déçu.


Le Dimanche des Rameaux représente le plus grand triomphe humain de Jésus. Jamais de toute sa vie Jésus n'a été honoré comme aujourd'hui : Il est le Messie tant attendu, et des milliers de voix le proclament ! En ce sens, le Dimanche des Rameaux annonce et anticipe le triomphe final de Jésus lors de son Retour à la fin des temps. Mais Jésus n'est pas dupe : Il sait que, si cette foule qui l'acclame est sincère en ce moment précis, elle va bientôt suivre le sentiment des grands prêtres qui vont inciter Pilate à condamner Jésus à mort. Certes, les fidèles du Dimanche des Rameaux ne sont peut-être pas tous ceux qui réclament la mort de Jésus quelques jours plus tard. Mais il est clair que, le Vendredi-Saint, Jésus est seul, avec Marie, sa Mère.


La Gloire du Crucifié ! C'est le triomphe de Jésus le Dimanche des Rameaux, le triomphe d'un homme déjà crucifié dans son Coeur, un Coeur qui est tout à Dieu, son Père. Car Jésus ne veut faire autre chose que la Volonté de son Père : "Je suis descendu du ciel pour faire non ma volonté, mais celle de celui qui m'a envoyé." (Jn 6, 38) Cette Volonté du Père, c'est toute la force de Jésus ! S'il fait confiance à son Père, en accomplissant fidèlement sa Volonté, Jésus sait que l'Esprit qui repose sur Lui est toujours prêt à l'aider, quoi qu'il arrive. Et quand l'heure du suprême sacrifice sera là, l'Esprit-Saint viendra à son secours : "Par l'Esprit éternel, le Christ s'est offert lui-même à Dieu comme victime immaculée." (Hebr 9, 14)


Si le Crucifié doit être glorifié, l'Esprit-Saint ne peut manquer de le faire ! Il en est de même pour nous aujourd'hui. Si nous devons être glorifiés, c'est par l'Esprit-Saint que nous le serons : "Lorsqu'on vous emmènera pour vous livrer, ne vous inquiétez pas d'avance de ce que vous aurez à dire, mais dites ce qui vous sera donné au moment même ; car ce n'est vous qui parlerez, mais l'Esprit-Saint." (Mc 13, 11) Déjà, dans la première lecture de ce jour, le Prophète Isaïe présente le Serviteur souffrant - figure du Christ à venir - comme celui qui offre volontairement son corps aux outrages, tout en ne perdant pas courage et en rendant son visage - par l'Esprit de Dieu - dur comme la pierre, signe du Christ et de la Force de Dieu !



Phil 2, 6-11


Phil 2, 6, Quoiqu'il fût de condition divine, il ne s'est pas prévalu de son égalité avec Dieu ; 7, mais il s'est anéanti lui-même en prenant la condition d'esclave et se faisant pareil aux hommes. Et quand il eut revêtu l'aspect d'un homme, 8, il s'est encore abaissé lui-même en se rendant obéissant jusqu'à la mort, la mort de la croix. 9, Aussi, Dieu l'a-t-il souverainement exalté et lui a-t-il conféré le nom qui est au-dessus de tout nom, 10, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse, au ciel, sur terre et dans les enfers, 11, et que toute langue professe, à la gloire de Dieu le Père, que Jésus Christ est Seigneur.


Toute sa vie durant, toujours sans aucun murmure ni protestation, Jésus a obéi à son Père du Ciel, ainsi qu'à son père et à sa mère de la terre. Ayant eu à chaque instant de sa vie l'intention de sauver tous les hommes et toutes les femmes de la terre, Jésus a réellement vécu sa Passion durant toute sa vie, alors qu'il obéissait ponctuellement aux ordres de ses parents de la terre, ou qu'il accomplissait la Volonté de son Père du Ciel.


Mais cette vie d'obéissance a été parsemée de joies réelles et profondes, moments de gloire et d'exaltation dans l'Esprit ! Ainsi, pendant sa vie cachée, Jésus se rendit à Jérusalem, en suivant ses parents. Au moins une fois, vers l'âge de douze ans, cette obéissance à ses parents lui permit de s'introduire dans l'assemblée des prêtres et des docteurs, réunis dans le Temple, et de commencer à manifester son obéissance à son Père du Ciel. Ce fut un moment de Gloire, sur ce chemin de la Passion, lorsque "tous ceux qui l'entendaient s'étonnaient de la sagesse de ses réponses" (Lc 2, 47).


Pendant sa vie publique, quelques temps après sa Transfiguration, moment de Gloire par excellence, "Jésus tressaillit de joie dans l'Esprit-Saint..." (Lc 10, 21) Accomplissant toujours la Volonté de son Père, Jésus va droit au but, et quand vient l'heure du sacrifice suprême, il ne se dérobe pas : il accepte volontiers cette mort infâme, ignominieuse, la mort de la Croix. "Il s'est encore abaissé lui-même en se rendant obéissant jusqu'à la mort, la mort de la croix." Ce qui permit au Père de l'exalter au plus haut point : "Aussi, Dieu l'a-t-il souverainement exalté et lui a-t-il conféré le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse, au ciel, sur terre et dans les enfers, et que toute langue professe, à la gloire de Dieu le Père, que Jésus Christ est Seigneur."



Mt 27, 50-54


Mt 27, 50, Jésus poussa de nouveau un grand cri, et rendit l'âme. 51, Et voici que le voile du temple se déchira en deux, de haut en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent ; 52, les tombeaux s'ouvrirent, et les corps de plusieurs justes trépassés ressuscitèrent. 53, Sortis de leurs sépultures, ils entrèrent dans la ville sainte après la résurrection de Jésus, et apparurent à plusieurs personnes. 54, Le centurion et ses hommes, qui montaient la garde de Jésus, devant ce tremblement de terre et tout ce qui se passait, sous l'effet d'une extrême épouvante, dirent : «Cet homme était véritablement Fils de Dieu !»


Jésus meurt sur la Croix. Juste avant, il pousse un grand cri. Comment un crucifié peut-il pousser un tel cri ? Il faut bien que l'Esprit de Dieu lui-même intervienne pour donner à ce pauvre râle une force et une puissance hors du commun !


Jésus meurt, et les miracles éclatent ! La Gloire du Crucifié ne peut attendre : elle doit se manifester tout de suite et partout ! La terre tremble, les tombeaux s'ouvrent, les morts ressuscitent !


Mais la plus grande Gloire du Crucifié n'éclate-t-elle pas dans le coeur, dans l'âme du centurion et des quelques soldats alors présents ? Car dans leur coeur et dans leur âme est en train de naître une foi, une foi qui sauve, une foi dans la Divinité du Crucifié ! "Cet homme était véritablement Fils de Dieu !"


Que la Très Sainte Vierge Marie, présente là, au pied de cette Croix, forte de la Puissance de l'Esprit, nous aide de sa prière toujours efficace !



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Homélies supplémentaires sur l'évangile des Rameaux (Mt 21, 1-11) :

http://meynen.homily-service.net/an99/adimram.htm
http://meynen.homily-service.net/an2002/adimram.htm