Homélie pour l'Ascension du Seigneur au Ciel
Année A

Ac 1, 1-11 - Ep 1, 17-23 - Mt 28, 16-20

par le Chanoine Dr. Daniel Meynen


L'Ascension de Jésus



Ac 1, 1-11


Ac 1, 1, Dans mon premier récit, Théophile, j'ai raconté toute la suite des actions et des enseignements de Jésus, 2, depuis le début jusqu'au jour où, après avoir donné par l'Esprit-Saint ses instructions aux Apôtres qu'il avait choisis, il fut enlevé dans le ciel. 3, C'est à eux qu'après sa Passion il s'était montré vivant ; il leur en donna plusieurs preuves par ses apparitions quarante jours durant, et il les entretint des choses qui concernent le royaume de Dieu. 4, Au cours d'un dernier repas, il leur enjoignit de ne pas quitter Jérusalem, mais d'y attendre l'accomplissement de la promesse de son Père, «celle, dit-il, que vous m'avez entendu faire : 5, Jean a baptisé avec de l'eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés dans l'Esprit-Saint.» 6, Ainsi réunis, ils le questionnaient : «Seigneur, est-ce maintenant que tu vas restaurer le royaume d'Israël ?» 7, Il leur répondit : «Ce n'est pas à vous de savoir les temps ni les moments que le Père a fixés de son autorité. 8, Mais le Saint-Esprit va descendre sur vous, il vous donnera la force, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux confins du monde.» 9, A ces mots, sous leurs yeux, il s'éleva de terre, puis un nuage le déroba à leurs regards. 10, Or, tandis qu'ils le suivaient des yeux s'éloignant dans le ciel, voici que leur apparurent deux hommes vêtus de blanc qui leur dirent : 11, «Galiléens, que restez-vous là, à regarder au ciel ? Ce Jésus qui vient de vous être enlevé vers le ciel, en reviendra de la même manière que vous l'y avez vu monter.»



Ep 1, 17-23


Ep 1, 17, Que le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père de gloire, vous donne un esprit de sagesse et de révélation qui vous ouvre à sa connaissance ; 18, qu'il illumine les yeux de votre coeur, afin que vous sachiez quelle est cette espérance engendrée en nous par son appel, quels sont les trésors de gloire que contient l'héritage réservé à ses saints, 19, et quelle est la grandeur infinie de sa puissance à l'égard de nous, les croyants. C'est la même énergie souveraine 20, qu'il a mise en oeuvre dans le Christ, en le ressuscitant des morts, et en le faisant siéger à sa droite dans les cieux, 21, au-dessus de toute Principauté, Puissance, Vertu, Seigneurie, au-dessus de quelque nom que ce soit, dans le monde actuel comme dans le monde à venir ; 22, il a tout mis à ses pieds, il l'a donné, par-dessus tout, comme Tête à l'Église, 23, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit toutes choses en toute manière.



Mt 28, 16-20


Mt 28, 16, Les onze disciples s’en allèrent en Galilée, sur la montagne que Jésus leur avait désignée. 17, Quand ils le virent, ils se prosternèrent ; cependant quelques uns hésitaient encore. 18, Mais Jésus vint à eux et leur parla en ces termes : «Toute autorité m’est dévolue, au ciel et sur la terre. 19, Allez donc, enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. 20, Apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.»


"Sous leurs yeux, il s'éleva de terre, puis un nuage le déroba à leurs regards." (Ac 1, 9) Ainsi s'exprime Saint Luc dans les Actes des Apôtres. Quarante jours après être ressuscité des morts, Jésus, de lui-même, s'élève vers le Ciel, qui est la demeure de Dieu. Notons bien cette différence entre l'Ascension de Jésus et l'Assomption de Marie, qui se fête le 15 août. Lors de son Ascension, Jésus s'élève au Ciel de lui-même : Jésus est Dieu et il entre au Ciel, chez lui, par sa propre puissance divine. Lors de l'Assomption de Marie au Ciel, c'est Dieu qui fait entrer Marie au Ciel, en l'attirant à lui : Assomption vient du latin "assumere", qui veut dire "prendre à soi".


Était-il nécessaire que Jésus montât au Ciel ? Et pourquoi ? La réponse se trouve dans l'homme lui-même. En effet, l'homme est composé d'une âme spirituelle, et d'un corps matériel. En vertu de sa ressemblance avec la divinité (cf. Gn 1, 26), l'âme humaine est immortelle. Quand l'âme est unie au corps de l'homme, alors ce corps participe à l'immortalité de l'âme : c'était l'état dans lequel l'homme se trouvait avant le péché originel ; c'est aussi l'état de Jésus ressuscité, et l'état de tous ceux et celles qui sont ressuscités en lui. Une fois que l'homme eût péché, Dieu permit que, sur son ordre, chaque homme et chaque femme mourraient, et donc que, par la mort, l'âme se séparerait du corps, ce dernier devenant cadavre.


Lors de la mort de Jésus sur la Croix du Calvaire, l'âme immortelle de Jésus est entrée dans la Gloire du Père, procurant par le fait même à toutes les âmes des justes la glorification tant attendue. Jésus ayant mérité, par sa Passion et par sa mort, d'être glorifié par son Père, il fallait que, non seulement l'âme humaine de Jésus fût glorifiée, mais aussi son corps : Jésus est le Sauveur de l'homme tout entier, tant âme que corps. Donc, après la mort de Jésus, la première chose que l'âme de Jésus fit, ce fut la résurrection de son corps : par la Puissance divine, l'âme de Jésus rendit la vie à son corps en se réunissant à lui. Comme l'âme de Jésus a été glorifiée dans le Ciel, devant la face du Père, la deuxième chose que fit l'âme de Jésus, ce fut la glorification de son corps en l'élevant dans le Ciel, sous le regard du Père !


Dans le Ciel, le Père voit son Fils, et le Fils est sans cesse sous le regard du Père ! Jésus a voulu conserver les traces des clous dans ses mains et dans ses pieds ; il a aussi voulu conserver la plaie ouverte de son côté percé. Par les traces des clous, le Père voit sans cesse combien son Fils a souffert pour les péchés des hommes... Par l'ouverture du côté qui mène au Coeur de son Fils, ouverture pour laquelle Jésus n'a pas souffert, étant déjà mort, le Père voit sans cesse tout ce que les fidèles chrétiens, et aussi tous les hommes de bonne volonté, souffrent maintenant pour leur prochain...


Le Ciel de Dieu, nous ne le voyons pas. Le Ciel de Dieu, ce n'est pas le ciel qui est au-dessus de nos têtes. Le Ciel de Dieu est invisible. Où est donc le Ciel de Dieu ? Il semble que Jésus nous a mis sur la piste, en disant : "Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous." (Lc 17, 21) En ce sens, le Ciel de Dieu ne doit pas être cherché à l'extérieur de nous, mais bien en nous. Et donc Dieu, ainsi que Jésus ressuscité et monté au Ciel, doit être recherché au-dedans de nous ! Bienheureuse Élisabeth de la Trinité n'écrivait-elle pas dans sa prière bien connue : "O mon Dieu, Trinité que j'adore... Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos."


Demandons à la Très Sainte Vierge Marie de comprendre toujours un peu mieux tout le Mystère du Christ, notre Seigneur et notre Dieu ! Amen !



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