Homélie pour le quatrième Dimanche de Pâques
Année A

Ac 2, 14a, 36-41 - 1 P 2, 20-25 - Jn 10, 1-10

par le Chanoine Dr. Daniel Meynen


Le Bon Pasteur



Ac 2, 14a, 36-41


Ac 2, 14, Pierre s'avança avec les Onze et, d'une voix forte, il leur parla en ces termes : 36, «Que toute la race d'Israël sache avec certitude que Dieu a constitué Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié.» 37, Ces paroles les touchèrent jusqu'au fond du coeur. Ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : «Frères, qu'avons-nous à faire ?» 38, Pierre leur répondit : «Convertissez-vous ; que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour la rémission de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit. 39, Car la promesse est pour vous, pour vos enfants et pour tous ceux qui entendront, au loin, l'appel du Seigneur notre Dieu.» 40, En beaucoup d'autres paroles encore, il leur adressait les plus pressantes exhortations : «Sauvez-vous du milieu de cette engeance perverse !» 41, Ceux qui accueillirent ses paroles reçurent le baptême. Ce jour-là, le nombre des adeptes s'éleva à trois mille environ.


En ce temps de Pâques, alors que nous commémorons le sacrifice et la résurrection de l'Agneau de Dieu, l'opportunité de parler de Jésus Bon Pasteur vient de suite à l'esprit. C'est pourquoi ce quatrième dimanche de Pâques est consacré à cette image du Bon Pasteur, guide des âmes fidèles, tout comme le pasteur guide ses brebis vers la bergerie, après qu'elles aient trouvé de l'herbe fraîche dans les divers pâturages...


Les deux premières lectures de ce dimanche nous rapportent les paroles de l'Apôtre Saint Pierre, le premier Pape, celui qui a été chargé par Jésus pour le représenter sur terre, non seulement dans sa fonction de Bon Pasteur des âmes, mais dans celle de portier qui ouvre ou ferme la porte de la bergerie. L'évangile relate une parabole de Jésus où il explique en quoi consiste son rôle de Bon Pasteur : il est tout à la fois le berger et la porte de la bergerie.


On le voit : Jésus et Pierre ont deux fonctions : l'une par rapport au Bon Pasteur, l'autre par rapport à la porte de la bergerie. Par rapport au Bon Pasteur, Pierre doit utiliser la voix de Jésus s'il veut que les brebis lui obéissent, car ces dernières ne reconnaissent que la voix du Bon Pasteur : "Les brebis le suivent parce qu’elles connaissent sa voix. 5, Elles ne suivront pas un étranger ; au contraire, elles le fuiront parce qu’elles ne connaissent point la voix des étrangers." (Jn 10, 4-5)


Par rapport à la porte, Jésus et les brebis ne peuvent entrer dans la bergerie que si le portier, c'est-à-dire Pierre ou le Pape, ouvre la porte, dont il garde la clé : "Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis. Le portier lui ouvre... " (Jn 10, 2-3) Rappelons que Pierre, et les Papes à sa suite, a reçu de Jésus le pouvoir des clés : "Je te donnerai les clés du royaume des Cieux." (Mt 16, 19)


Si on regarde cette fonction de Bon Pasteur dans son ensemble, on voit que Pierre doit se soumettre à Jésus en utilisant sa voix, mais que Jésus, ainsi que les brebis, doivent se soumettre à Pierre en n'entrant dans la bergerie que si Pierre ouvre la porte. Tous ici doivent avoir une humilité sans pareil ! Une humilité qui se traduit en réalité par une obéissance réciproque : comment Pierre pourrait-il encore parler en son nom propre alors que Jésus se soumet à son autorité de portier ? comment Jésus pourrait-il entrer dans la bergerie par un autre endroit que la porte, à la manière des voleurs et des mercenaires, alors que toutes les brebis, Pierre y compris, lui ont donné toute leur confiance en tant que Bon Pasteur des âmes ?


Être Bon Pasteur, c'est donc une tâche où l'on n'est jamais seul : Jésus Bon Pasteur n'est jamais seul, car il est la Tête de l'Église, son Corps, toujours uni à lui en la personne de Pierre et du Pape, son successeur ; Pierre, et le Pape, n'est jamais seul, car il est le porte-parole du Christ, ne faisant avec lui qu'un seul Corps.



1 P 2, 20-25


1 P 2, 20, Quelle gloire y aurait-il à supporter patiemment d'être battu pour avoir fait le mal ? Au contraire, si après avoir bien agi vous êtes maltraités, et que vous l'enduriez patiemment, voilà chose agréable aux yeux de Dieu. 21, Or, c'est à cela que vous avez été appelés. Le Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple pour que vous suiviez ses traces. 22, Lui "qui n'a point commis de péché, et dans la bouche duquel il ne s'est point trouvé de fraude" (Is 53, 9) ; 23, lui qui, outragé, n'a pas rendu l'outrage ; qui, maltraité, n'a point fait de menaces, mais s'en remettait à Celui qui juge avec justice ; 24, lui qui a porté lui-même nos péchés dans son corps sur le bois, afin que, morts à nos péchés, nous vivions pour la justice ; lui enfin, "dont les meurtrissures nous ont guéris" (Is 53, 5). 25, Car vous étiez des brebis errantes ; mais vous êtes maintenant revenus à celui qui est le pasteur et le gardien de vos âmes.


Dans son épître, avant de parler des "brebis errantes" et du "pasteur", Saint Pierre fait référence au Prophète Isaïe, et donc à l'Ancien Testament. Dans la tradition biblique, l'image des brebis et du pasteur revient fréquemment. Notons surtout que plusieurs grands personnages annonciateurs du Messie ont été pasteur. Ainsi, le premier agneau immolé, Abel, était "berger" (Gn 4, 2). Abram vivait notamment de l'élevage, étant "fort riche en troupeaux" (Gn 13, 2). Jacob faisait paître ses "troupeaux" par ses fils, dont Joseph (Gn 37, 12). "Moïse faisait paître le troupeau de Jétro, son beau-père." (Ex. 3, 1) David lui-même, avant de régner quarante ans sur Israël, s'occupait de "faire paître les moutons" (1 Sam 16, 11).



Jn 10, 1-10


Jn 10, 1, «En vérité, en vérité, dit Jésus, celui qui n’entre point par la porte dans la bergerie, mais s’y introduit par ailleurs, est un voleur et un brigand. 2, Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis. 3, Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix : il les appelle par leur nom et les mène à la pâture. 4, Quand il les a toutes fait sortir, il prend leur tête, et les brebis le suivent parce qu’elles connaissent sa voix. 5, Elles ne suivront pas un étranger ; au contraire, elles le fuiront parce qu’elles ne connaissent point la voix des étrangers.» 6, Telle fut la parabole que Jésus leur dit ; mais ils ne saisirent pas bien ce qu’il voulait leur dire. 7, Et Jésus leur dit encore : «En vérité, en vérité, je vous le dis, c’est moi, la porte des brebis. 8, Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands ; mais les brebis ne les ont point écoutés. 9, C’est moi la porte ; si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé : il pourra aller et venir et trouver de la pâture. 10, Le voleur ne vient que pour dérober, pour égorger, pour détruire ; moi, je suis venu pour qu’on ait la vie, et qu’on soit dans l’abondance.»


Le passage de l'évangile lu aujourd'hui se complète par quelques versets supplémentaires, qui suivent immédiatement : les versets 11 à 18 du chapitre 10. Mais on peut aussi compléter cette lecture par la parabole du Bon Pasteur et de la Brebis perdue (Lc 15, 1-7). Finalement, retenons bien ceci : Jésus est la porte ! "C’est moi la porte ; si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé : il pourra aller et venir et trouver de la pâture." (Jn 10, 9) Si les brebis passent par la porte, elles ne pourront pas s'égarer !


S'il n'y a qu'un médiateur, Jésus, qui est la porte de la bergerie, pensons aussi à cette autre porte, Marie, la Porte du Ciel, "Janua Coeli" ! Quand Jésus, qui porte l'Esprit-Saint, est là, alors Marie n'est pas loin... Quand Pierre, le portier, est là, alors Marie, Celle qui donne accès à Jésus, Pasteur et Porte de la bergerie, n'est pas loin... Sous le regard du Père, soyons des brebis fidèles et dociles, dans l'humilité et la confiance !



Pour commander tout de suite l'homélie hebdomadaire, cliquez ici !


Homélies supplémentaires sur le même évangile :

http://meynen.homily-service.net/an99/a4dimpaq.htm
http://meynen.homily-service.net/an2002/a4dimpaq.htm
http://meynen.homily-service.net/an2005/a4dimpaq.htm