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Homélie
pour le troisième Dimanche de Carême Ex 17, 3-7 - Rm 5, 1-2 & 5-8 - Jn 4, 5...42 par le Chanoine Dr. Daniel Meynen
Reconnaître la grâce de Dieu
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Ex 17, 3-7
Ex 17, 3, Le peuple qui était là, privé d'eau et dévoré de soif, murmurait contre Moïse : «Pourquoi nous as-tu faire sortir d'Égypte ? Pour nous faire périr de soif avec nos enfants et nos troupeaux ?» 4, Alors Moïse adressa cette prière au Seigneur : «Que faire pour ce peuple ? Ils sont sur le point de me lapider.» 5, Le Seigneur répondit à Moïse : «Passe en tête du peuple, emmène avec toi quelques anciens d'Israël, prends à la main le bâton avec lequel tu as frappé le Nil, et marche. 6, Je me tiendrai devant toi, là, sur le rocher du mont Horeb : tu frapperas le rocher, il en jaillira de l'eau, et le peuple pourra boire.» Ainsi fit Moïse en présence des anciens d'Israël. 7, Il nomma ce lieu Massa et Mériba, à cause de la querelle que les Israélites lui avaient cherchée, et parce qu'ils avaient provoqué le Seigneur en disant : «Le Seigneur est-il, oui ou non, au milieu de nous ?»
"Là où deux ou trois se réunissent en mon nom, je suis au milieu d'eux." (Mt 18, 20) Ce sont les paroles de Jésus à ses disciples, et donc à nous aussi. Et c'est vrai : aujourd'hui, comme hier, Jésus est là, au milieu de nous. Au temps de Moïse, c'est-à-dire vers l'an 1200 avant le Christ, c'était déjà vrai : Dieu était là, présent parmi son peuple. En plein désert, Dieu le fit savoir clairement à Moïse, en lui disant : "Je me tiendrai devant toi, là, sur le rocher du mont Horeb." (Ex 17, 6)
Si Dieu était présent dans le désert, le peuple, pourtant, ne le voyait pas. Car Dieu est esprit. Et avant l'Incarnation du Verbe, Dieu était présent parmi le peuple, et ce, d'une manière uniquement spirituelle : Dieu était présent à la manière de l'Esprit-Saint qui repose sur le Christ, Dieu était présent comme l'Esprit de Dieu qui "planait sur les eaux" (Gn 1, 2). C'est pourquoi Dieu dit à Moïse : "Je me tiendrai devant toi, là, sur le rocher du mont Horeb." (Ex 17, 6)
Dieu est présent parmi son peuple. Il est présent comme si le Christ existait déjà. Car l'ancienne Alliance prépare la Nouvelle ! Et donc Dieu dit à Moïse qu'Il se tient sur le rocher du mont Horeb, sur ce rocher d'où l'eau va couler à flot pour désaltérer le peuple de Dieu. Or, le rocher, notre rocher, c'est le Christ, qui est la "pierre vivante, rejetée des hommes, mais choisie et précieuse aux yeux de Dieu" (1 P. 2, 4). Ainsi, dans le désert avec son peuple, Dieu, qui est Esprit, repose sur le rocher, figure du Christ, du Messie qui doit venir.
De ce rocher va sortir l'eau qui désaltère, une eau matérielle et réelle, mais qui est aussi le signe de cette eau spirituelle : celle de la grâce. Or, la grâce, qui est un don de Dieu, doit être reçue par l'homme dans un acte de foi : en offrant sa grâce, Dieu fait confiance en l'homme ou en la femme qu'Il aime ; en retour, l'homme ou la femme ne peut recevoir la grâce de Dieu qu'en se confiant et en se donnant pleinement à son Créateur. Dieu est donc là, comme Don et Don de soi, parmi son peuple. Il attend que chacun reconnaisse sa présence et cesse de dire : "Le Seigneur est-il, oui ou non, au milieu de nous ?" (Ex 17, 7)
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Rm 5, 1-2 & 5-8
Rm 5, 1, Étant justifiés par la foi, nous sommes en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ. 2, A lui, nous devons d'avoir accès à cette grâce où nous demeurons fermes, et nous mettons notre fierté en l'espérance de la gloire de Dieu. 5, Or, l'espérance ne trompe pas, car l'amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs par l'Esprit-Saint qui nous a été donné. 6, En effet, au temps où nous étions encore dans la faiblesse, le Christ, au moment voulu, est mort pour des impies. 7, A peine accepterait-on de mourir pour un juste ; peut-être pour un homme de bien, consentirait-on de mourir. 8, Mais voici une preuve de l'amour de Dieu pour nous : au temps où nous étions encore pécheurs, le Christ est mort pour nous.
En recevant, miraculeusement, de l'eau dans le désert, le Peuple de Dieu a cru en la bonté et en l'amour du Seigneur envers lui. Quelques siècles plus tard, Saint Paul écrit aux Romains pour les inviter à croire toujours davantage en l'amour de Dieu, un Dieu qui a livré son propre Fils jusqu'à la mort, la mort de la croix : "Voici une preuve de l'amour de Dieu pour nous : au temps où nous étions encore pécheurs, le Christ est mort pour nous." (Rm 5, 8) Sans cesse, nous, chrétiens, nous sommes invités à renouveler notre foi en l'amour de Dieu qui se donne à nous. Sans cesse, entraînés par l'espérance du bonheur du Ciel, nous sommes invités à croire en l'amour de Dieu ! "L'espérance ne trompe pas, car l'amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs par l'Esprit-Saint qui nous a été donné." (Rm 5, 5)
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Jn 4, 5...42
Jn 4, 5, Jésus arriva dans une localité de Samarie, nommée Sichar, près de la terre que Jacob avait donnée à son fils Joseph. 6, Il y avait là le puits de Jacob. Jésus, fatigué du voyage, s'était assis sur le bord du puits. Il était environ midi. 7, Une femme de Samarie vint puiser de l'eau. Jésus lui dit : «Donne-moi à boire.» 8, Ses disciples étaient allés en ville chercher des provisions. 9, La Samaritaine lui dit : «Comment ! toi, Juif, tu me demandes à boire, à moi, Samaritaine !» Les Juifs en effet n'ont pas de relations avec les Samaritains. 10, Jésus lui répondit : «Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, c'est toi qui le lui aurais demandé, et il t'aurait donné de l'eau vive.» 11, La femme lui dit alors : «Seigneur, tu n'as rien pour puiser, et le puits est profond. D'où tires-tu donc cette eau vive ? 12, Es-tu plus grand que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits dont il a bu lui-même, ainsi que ses fils et ses troupeaux ?» - 13, «Quiconque boit de cette eau, lui répondit Jésus, aura soif à nouveau ; 14, mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif. L'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source qui jaillira jusque dans la vie éternelle.» 15, La femme reprit : «Seigneur, donne-moi de cette eau, afin que je n'aie plus soif, et que je n'aie plus à venir puiser ici !»
"Si tu connaissais le don de Dieu..." Cette parole de Jésus à la Samaritaine nous invite à réfléchir sur tout ce que Dieu a fait dans le passé, fait encore aujourd'hui, et même fera pour nous jusqu'à la fin de notre vie. "Si tu connaissais..." La notion de connaissance est importante, capitale, dans la vie du chrétien. Ne l'oublions pas. Rappelons-nous cette prière de Jésus à son Père : "Père, l'heure est venue ! ... La vie éternelle consiste en ce qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ." (Jn 17, 1-3)
Tâchons de mieux connaître Dieu et son Église, afin de croire en lui toujours plus ! Demandons à Dieu de croire toujours en lui davantage, afin de mieux le connaître ! Car la foi nous permettra de recevoir de Dieu des grâces plus grandes et plus abondantes. Par Marie, et avec Marie, reconnaissons en nous la grâce de Dieu qui vient nous sauver !
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