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Solennité de l’Assomption de Marie au Ciel, Année 2007 par le Chanoine Dr. Daniel Meynen
Il y a cinquante-sept ans, en l'année 1950 après l'Incarnation du Fils de Dieu, le Pape Pie XII proclamait dogme de foi l'Assomption de Marie au Ciel. Cela veut dire que tous les Catholiques doivent tenir pour une vérité certaine et immuable que, en plus du Corps de Jésus, il y a, dans le Ciel, parmi l'assemblée des Saints, au moins un autre Corps : celui de Marie, la Mère du Fils de Dieu selon la chair. A la fin de sa vie terrestre, Marie a été élevée par Dieu dans le Ciel avec son corps et avec son âme, afin que la créature que l'Esprit-Saint s'est choisie pour Épouse mystique soit pleinement glorifiée dans l'assemblée des Saints, tant avec son corps qu'avec son âme.
Époux mystiques, l'Esprit-Saint et Marie se sont unis en vue de donner naissance au Fils de Dieu fait homme : le Verbe incarné. Comme tous les époux, et davantage encore que tous les époux de la terre, l'Esprit-Saint et Marie ne font plus qu'une seule chair depuis l'Incarnation du Verbe dans le sein de la Vierge Immaculée : "Ils ne sont plus deux, mais une seule chair." (Mt. 19, 6) Mystiquement, dans l'ordre de la grâce divine, cette unique chair n'est autre que le Corps du Christ lui-même, le Corps mystique du Christ, dont Marie est le premier et principal membre. Mais, précisément parce que Marie est le premier et le principal membre du Corps mystique du Christ, elle réalise aussi en elle la plénitude du Corps mystique du Christ. En effet, pour que cela ne soit pas ainsi, il faudrait que l'Esprit-Saint, après avoir épousé Marie, aurait pu encore épouser chacun des membres du Corps mystique du Christ. Or, cela est impossible, étant donné que l'Esprit-Saint, en tant qu'Époux de Marie, s'est entièrement et complètement donné à Marie son Épouse.
Dans l'assemblée des Saints, le Corps de Marie est vraiment glorifié par Dieu, car, en ce Corps absolument unique, se réalise la plénitude du Corps mystique du Christ. Dans la mesure où le croyant fait partie de ce Corps mystique, il devient, par là même, c'est-à-dire par Marie, participant du Don de l'Esprit-Saint. En ce sens, chaque fidèle, chaque membre du Corps mystique du Christ, et donc l'Église toute entière peut être appelée Épouse de l'Esprit-Saint, ne faisant qu'un seul Corps avec lui dans le Christ. C'est pourquoi, tout au long des siècles, et jusqu'à la fin des temps, l'Esprit-Saint et l'Église appelle sans cesse le Christ pour qu'il revienne sur terre afin de sceller par son Corps ressuscité et glorieux cette Alliance déjà commencée et réalisée entre l'Esprit-Saint et Marie glorifiée éternellement dans le Ciel avec son âme et avec son corps : "L'Esprit et la Fiancée disent : «Viens !»" (Ap. 22, 17)
Homélie - Luc 1, 39-56
“ En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit en hâte au pays des montagnes, dans une ville de Juda. Elle entra chez Zacharie, et salua Elisabeth. Or, dès qu’Elisabeth entendit la salutation de Marie, son petit enfant se mit à remuer en son sein, et elle fut elle-même remplie de l’Esprit-Saint. Elevant la voix, elle s’écria : «Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Et d’où me vient cet honneur que la mère de mon Seigneur vienne à moi ? Car, à l’instant où le son de ta voix me saluant a frappé mes oreilles, mon petit enfant s’est mis à remuer d’allégresse en mon sein. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui ont été adressées de la part du Seigneur !» Et Marie dit : «Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur, parce qu’il a jeté les yeux sur la pauvreté de sa servante. Car voici que désormais toutes les générations ma proclameront bienheureuse, parce que le Tout-Puissant a fait en moi de grandes choses. Son nom est saint, et sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Il a déployé la force de son bras ; il a dispersé les coeurs pleins de pensées orgueilleuses ; il a jeté à bas de leurs trônes les puissants, et relevé les humbles ; il a comblé de biens les affamés, et renvoyé les riches les mains vides. Il a secouru son serviteur Israël, en se souvenant de sa miséricorde - comme il l’avait promis à nos pères - envers Abraham et sa postérité, pour toujours.» Marie demeura chez Elisabeth environ trois mois, puis s’en retourna chez elle. ”
Homélie :
“ Dès qu’Elisabeth entendit la salutation de Marie, son petit enfant se mit à remuer en son sein, et elle fut elle-même remplie de l’Esprit-Saint. Elevant la voix, elle s’écria : «Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Et d’où me vient cet honneur que la mère de mon Seigneur vienne à moi ?» ”
Celle que nous fêtons aujourd’hui, c’est Marie, la Mère du Seigneur ! Oui ! Nous célébrons en ce jour celle qui a engendré le Fils de Dieu selon la chair, celle qui est entrée au Ciel avec son âme et avec son corps, après être entrée, durant sa vie terrestre dans cette demeure bénie : celle de Zacharie et d’Elisabeth, les parents du Précurseur de Jésus !
Durant sa vie sur la terre, Marie est entrée dans la demeure de sa cousine et elle a été acclamée de toutes sortes de bénédictions ! Aujourd’hui, nous commémorons l’entrée de Marie dans la demeure du Ciel, celle de Dieu même, et nous pouvons entendre dans notre esprit toutes ces louanges et ces merveilles que tous les anges et tous les saints du Ciel ne cessent de proclamer en faveur de la Mère du Seigneur ! Si, en entrant dans une demeure terrestre, Marie a reçu louange et gloire, comment n’en aurait-elle pas reçu en entrant dans la demeure du Ciel, ce Paradis qui fut l’objet de tous ses désirs ? Oui ! Avec tous les anges et tous les saints du Ciel, disons sans cesse à Marie : “Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni !”
“ «Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui ont été adressées de la part du Seigneur !» ”
Sur la terre, Marie a vécu de foi, et le Ciel qu’elle reçoit maintenant en héritage est le fruit de sa foi profonde et sincère à la Parole de Dieu qu’elle a accueilli en elle. Nous aussi nous vivons de foi, nous aussi nous avons accueilli la Parole de Dieu : si nous sommes vraiment les membres du Corps mystique du Christ, nous vivons sur la terre une vie de foi toute semblable à celle de Marie ! Contemplons donc Marie en ce jour où elle entre au Ciel, car ce qui lui arrive aujourd’hui est le modèle de ce qui nous arrivera lorsque notre vie de la terre prendra fin et que la vie du Ciel nous sera définitivement donnée en partage !
Ne faiblissons pas ! Tenons bon ! La foi est un combat, comme dit Saint Paul (cf. 2 Tm. 4, 7) ! Que la Très Sainte Vierge Marie nous aide de sa prière toute-puissante, et qu’ainsi elle soit vraiment notre modèle ! Que la Sainte Communion de ce jour fasse de nous d’autres Christs, de vrais membres de ce Corps mystique qui est l’Église !
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