Homélie pour le troisième Dimanche de l'Avent - Année C - Lc. 3, 10-18


par le

Chanoine Dr. Daniel Meynen
 
 

" La foule demandait à Jean-Baptiste : «Eh bien ! que devons-nous faire ?» Il répondait : «Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n'en a point, et que celui qui a de quoi manger fasse de même.» Des publicains vinrent aussi pour se faire baptiser : «Maître, lui dirent-ils, que devons-nous faire ?» Il leur répondit : «N'exigez rien qui dépasse vos consignes.» Des soldats aussi lui demandèrent : «Et nous, que devons-nous faire ?» Il leur dit : «Ne pratiquez ni violence ni fraude envers personne, mais contentez-vous de votre solde.»


" Cependant, comme le peuple était dans l'attente, et que tous se demandaient en leur coeur si Jean n'était peut-être pas le Christ, il leur dit à tous : «Moi, je vous baptise dans l'eau, mais voici venir celui qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses chaussures. Lui vous baptisera dans l'Esprit-Saint et le feu. Il tient en main le van pour nettoyer son aire. Il amassera le froment dans son grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteint pas.»


" Par ces encouragements, et bien d'autres encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle. "




Homélie :


" La foule demandait à Jean-Baptiste : «Eh bien ! que devons-nous faire ?» "


Jean-Baptiste venait d'annoncer sa mission aux quelques Juifs qui étaient venus l'écouter. Il leur avait déclaré que son rôle consistait à préparer la venue du Messie par un baptême de pénitence : "Il se mit à parcourir toute la région du Jourdain, prêchant un baptême de repentir pour la rémission des péchés." (Lc. 3, 3) Tout le monde devait se préparer à cette venue, à cette rencontre avec le Seigneur : les coeurs et les âmes, tout comme les corps eux-mêmes et le monde entier, devaient être prêts à paraître devant Celui qui EST l'Eternel, le Créateur de toutes choses, au Ciel et sur la terre !


La force de sa parole en avait convaincu plus d'un, car qui peut résister à la Parole de Dieu ? Il n'y a en fait que celui qui ne veut pas écouter la Parole de Dieu, ou celui qui cesse de l'écouter, qui s'égare sur le chemin de la perdition. Car tout est dans la volonté : l'homme veut ou ne veut pas que Dieu vienne le sauver de ses péchés. S'il le veut, alors, la grâce de Dieu donne à l'homme la puissance et la force nécessaire pour parvenir au salut. Mais s'il ne le veut pas, c'est une grâce perdue... Jean-Baptiste prêche et annonce la venue du Messie et ceux qui veulent se préparer soigneusement à cet événement s'écrient d'une seule voix : "Eh bien ! que devons-nous faire ?"


Quelques années plus tard, un autre homme, un pêcheur de Galilée nommé Simon-Pierre, prêcha aussi la venue du Messie. C'était le jour de la Pentecôte, cinquante jours après la Pâque. Pierre annonçait la venue du Christ ressuscité : il disait qu'il était déjà venu, qu'il avait été crucifié, qu'il était ressuscité d'entre les morts, et qu'il s'en était allé pour que vienne maintenant l'Esprit-Saint, cet "autre Paraclet" (Jn. 14, 15), cet autre Christ ! "Ces paroles les touchèrent jusqu'au fond du coeur. Ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : «Frères, qu'avons-nous à faire ?»" (Ac. 2, 37)


" Il répondait : «Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n'en a point, et que celui qui a de quoi manger fasse de même.» Des publicains vinrent aussi pour se faire baptiser : «Maître, lui dirent-ils, que devons-nous faire ?» Il leur répondit : «N'exigez rien qui dépasse vos consignes.» Des soldats aussi lui demandèrent : «Et nous, que devons-nous faire ?» Il leur dit : «Ne pratiquez ni violence ni fraude envers personne, mais contentez-vous de votre solde.» "


Jean-Baptiste répond à tous : pratiquez la justice ! Ce n'est pas la charité que Jean-Baptiste leur demande de mettre en pratique, mais bien la justice. Car la venue du Seigneur sanctionne tous nos actes : le Christ vient et, en venant, il récompense les bons et punit les coupables. Aussi, pour préparer la venue du Seigneur, il nous faut pratiquer la justice, tant que nous en avons encore le temps. Car, après, il n'y aura plus de temps. La venue du Seigneur, il y a près de deux mille ans, a déjà introduit l'humanité dans ce que Saint Paul appelle "la plénitude du temps" (Ga. 4, 4). Cela veut dire que le jugement est déjà une réalité et que la justice de Dieu doit être mise en pratique par tous les hommes et toutes les femmes de la terre. Plus la justice sera pratiquée par les hommes durant leur vie sur la terre, plus la Gloire de Dieu resplendira en eux pour l'éternité dans le Ciel !


Nous sommes déjà dans le temps de la justice ! Ne l'oublions pas ! D'ailleurs, Celui dont la mission est de nous rappeler toutes les paroles du Seigneur, c'est-à-dire l'Esprit-Saint (cf. Jn. 14, 26), ne peut manquer de mettre notre mémoire en action à ce sujet, car c'est l'Esprit de Dieu, l'Esprit qui est venu le jour de la Pentecôte, qui juge déjà le monde : "Quand il sera venu, disait Jésus, il prouvera les torts du monde en fait de péché, en fait de justice, et en fait de jugement : en fait de péché, qui consiste à ne pas croire en moi ; en fait de justice, parce que je m'en vais auprès du Père, et que vous ne me verrez plus ; en fait de jugement, qui consiste en ce que le prince de ce monde est déjà condamné." (Jn. 16, 8-11)


" Cependant, comme le peuple était dans l'attente, et que tous se demandaient en leur coeur si Jean n'était peut-être pas le Christ, il leur dit à tous : «Moi, je vous baptise dans l'eau, mais voici venir celui qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses chaussures. Lui vous baptisera dans l'Esprit-Saint et le feu. Il tient en main le van pour nettoyer son aire. Il amassera le froment dans son grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteint pas.» "


Jean-Baptiste n'hésite pas à s'humilier devant tout le peuple présent : il reconnaît qu'il n'est pas le Messie ! Car lui, il n'est pas le Juge suprême : il n'est qu'un homme, pas un Dieu ! Seul Dieu peut juger le monde, seul Dieu peut envoyer sur la terre le feu justicier de son Esprit ! "Lui vous baptisera dans l'Esprit-Saint et le feu." Jean baptise dans l'eau, une eau qui purifie et qui prépare les coeurs à la venue du Messie. Mais le Christ, lui, baptise dans l'Esprit-Saint et le feu, un feu qui punit les coupables : ceux qui ne veulent pas croire en lui, ou qui ont cessé de croire... "Il tient en main le van pour nettoyer son aire. Il amassera le froment dans son grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteint pas."


Ecoutons Jean-Baptiste ! Pratiquons nous aussi la justice de Dieu ! Reconnaissons le Seigneur là où il est ! Lorsque nous communions au Pain de Vie, à cette nourriture qui est le fruit de l'Amour de Dieu, n'oublions que c'est le Seigneur que nous recevons en nous, car là aussi, et plus que partout ailleurs, le Christ vient pour juger : "Que chacun s'éprouve soi-même, dit Saint Paul, et qu'ainsi il mange de ce pain et boive de cette coupe. Celui qui en mange et en boit sans faire le discernement du corps du Seigneur, mange et boit sa propre condamnation." (1 Cor. 11, 28-29) Soyons donc vigilants sur nous-mêmes, vigilants, mais confiants : confiants en Marie, notre Mère à tous !



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