Homélie
pour le septième Dimanche dans l'Année
Année B - Mc. 2, 1-12
par le
Chanoine Dr. Daniel Meynen
" Comme,
après quelques jours, Jésus était rentré
dans Capharnaüm, on apprit qu'il était à la
maison. Une telle foule se rassembla qu'on ne pouvait trouver place,
même près de la porte. Et il leur annonçait la
Parole.
" On
vint lui amener un paralytique porté par quatre hommes. Comme
on ne pouvait le lui présenter à cause de la foule, les
porteurs ôtèrent la couverture du toit, là où
Jésus se tenait, puis ils firent descendre par l'ouverture la
civière où gisait le paralytique. Jésus, voyant
leur foi, dit au paralytique : «Mon enfant, tes péchés
sont remis.»
" Or
il y avait, assis là, quelques scribes qui se disaient en
leurs coeurs : «Comment cet homme parle-t-il ainsi ? Il
blasphème. Qui peut remettre ainsi les péchés,
si ce n'est Dieu seul ?» Mais aussitôt, Jésus,
percevant en son esprit qu'ils raisonnaient de la sorte en eux-mêmes,
leur dit : «Qu'est-il plus aisé : dire au paralytique :
Tes péchés sont remis, ou : Lève-toi, prends ta
civière et marche ? Eh bien, pour vous faire comprendre que
le Fils de l'Homme a le pouvoir de remettre les péchés
sur terre : Je te l'ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi,
prends ta civière et rentre chez toi.» Il se leva, prit
aussitôt sa civière et s'en alla en présence de
tous. La foule entière se trouvait hors d'elle-même et
rendait gloire à Dieu en disant : «Jamais nous n'avons
vu cela !» "
Homélie :
" Comme,
après quelques jours, Jésus était rentré
dans Capharnaüm, on apprit qu'il était à la
maison. Une telle foule se rassembla qu'on ne pouvait trouver place,
même près de la porte. Et il leur annonçait la
Parole. "
Jésus
a parcouru les bourgs voisins de Capharnaüm (cf. Mc. 1, 38). Il
vient de rentrer à la maison, peut-être la maison de
Simon Pierre. Mais dès que les habitants ont vent de son
retour, ils se précipitent chez lui pour l'écouter.
"Il leur annonçait la Parole." Quelle attirance,
quelle captivation ! On croirait assister à un mouvement de
foule tel que nous pouvons en connaître ici et là
lorsqu'une vedette ou une célébrité se produit
en public : photographes, journalistes, cameramen, tous sont là
pour retransmettre l'événement au plus grand nombre
possible de spectateurs ! Mais, soyons sur nos gardes, ne nous y
trompons pas : Jésus n'est pas semblable à ces vedettes
et à ces célébrités ; nous allons le voir
bientôt...
" On
vint lui amener un paralytique porté par quatre hommes. Comme
on ne pouvait le lui présenter à cause de la foule, les
porteurs ôtèrent la couverture du toit, là où
Jésus se tenait, puis ils firent descendre par l'ouverture la
civière où gisait le paralytique. Jésus, voyant
leur foi, dit au paralytique : «Mon enfant, tes péchés
sont remis.» "
Le
début de l'épisode va très bien se passer. Et
c'est tant mieux ! Voyons le fait en détail... Un
paralytique est amené à Jésus, porté par
quatre hommes. On peut penser que quatre hommes, c'est un peu
beaucoup pour porter un autre homme. Normalement, deux hommes
suffisent pour porter quelqu'un sur un brancard ou une civière.
En réalité, le chiffre quatre est un symbole : celui
de la sainteté, de la purification de l'âme et du corps.
Le Sanctuaire - le Saint des Saints - du Temple de Salomon était
basé sur la forme carrée, étant égale en
longueur, en largeur, et en hauteur (cf. 1 Rois 6, 20).
Il
y a quatre porteurs. Sans eux, le paralytique ne peut approcher de
Jésus : il a besoin de leur aide pour parvenir jusqu'à
lui. Mais il y a plus. En effet, Saint Marc ne dit pas que Jésus
tient compte de la foi du paralytique, mais bien de la foi de tous :
paralytique et porteurs compris. "Jésus, voyant leur
foi..." C'est un signe de communion. Il n'y a pas seulement
sympathie et compassion humaine des porteurs envers le paralytique :
il y a aussi, et surtout, communion dans une même foi au
Sauveur du monde, au Messie tant attendu et si souvent annoncé
par les Prophètes ! C'est donc ici un signe de la communion
des saints : porté par quatre hommes, où quatre est le
symbole de la sainteté, le paralytique va recevoir de Jésus,
c'est-à-dire de Dieu même, la rémission de ses
péchés. "Mon enfant, tes péchés
sont remis."
" Or
il y avait, assis là, quelques scribes qui se disaient en
leurs coeurs : «Comment cet homme parle-t-il ainsi ? Il
blasphème. Qui peut remettre ainsi les péchés,
si ce n'est Dieu seul ?» Mais aussitôt, Jésus,
percevant en son esprit qu'ils raisonnaient de la sorte en eux-mêmes,
leur dit : «Qu'est-il plus aisé : dire au paralytique :
Tes péchés sont remis, ou : Lève-toi, prends ta
civière et marche ? Eh bien, pour vous faire comprendre que
le Fils de l'Homme a le pouvoir de remettre les péchés
sur terre : Je te l'ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi,
prends ta civière et rentre chez toi.» Il se leva, prit
aussitôt sa civière et s'en alla en présence de
tous. "
Nous
le disions : Jésus n'est pas une vedette. Les scribes qui
sont ici présents vont se charger de nous le montrer. Mais,
tout d'abord, comment devient-on une vedette, une célébrité
? N'est-ce pas là, dans la grande majorité des cas, le
fruit pervers du démon de l'argent ? Quand ce n'est pas tout
simplement la création habile et sournoise de telle ou telle
Loge maçonnique... Le démon le sait : Jésus, on
ne l'achète pas, on ne fait pas de lui ce qu'on veut, comme
avec les vedettes, que l'on crée pour un temps, et que l'on
oublie ensuite... Alors, le démon va essayer son tour
habituel : le mensonge ! Et çà lui réussit
bien. Rappelons-nous ce mot célèbre de Voltaire :
"Mentez ! Mentez !... Il en restera toujours quelque chose..."
"Il
blasphème." Voilà le mensonge des scribes au
sujet de Jésus, après que celui-ci ait remis au
paralytique ses péchés. Mais Jésus sait tout.
Il sait ce que pensent en eux-mêmes ces scribes menteurs.
Jésus est Dieu : il sait tout, il connaît tout. Car la
Vie même de Dieu est une Vie de connaissance : "La
vie éternelle consiste en ce qu'ils te connaissent, toi, le
seul vrai Dieu." (Jn. 17, 3) (J'ai déjà cité
ce texte plusieurs fois - car il est important - notamment il y a
trois semaines.) Ainsi, le mensonge du démon est vaincu par
la connaissance de Dieu !
Jésus ne va pas se contenter de révéler
par quelques paroles le mensonge des scribes. En fait, tout se passe
dans l'esprit de Jésus et dans le coeur des scribes.
D'ailleurs, une joute verbale ne servirait de rien. La puissance
spirituelle du démon ne peut se combattre sans le concours et
l'aide d'un moyen corporel. Je dis un "moyen" corporel,
car il doit s'agir d'une réalité, comme tel bien auquel
nous sommes très attaché (nous-mêmes par
exemple), que nous devons abandonner et laisser de côté,
par amour pour Dieu, le Bien suprême et véritable.
Parfois, après avoir abandonné ce bien, Dieu nous le
redonne. Mais il faut de toute façon en faire le sacrifice,
un sacrifice spirituel et agréable à Dieu (cf. 1 P. 2,
5). Sans cela, le démon ne sera pas vaincu, et il pourra
toujours avoir quelque emprise sur nous.
Pour triompher du mensonge des scribes, Jésus
guérit le paralytique : ce geste corporel signifie et réalise
la victoire sur la tromperie spirituelle du démon ! Porté
par quatre hommes, faisant corps avec eux, le paralytique est libéré
de ses péchés et guéri de son infirmité !
" La foule entière se trouvait hors
d'elle-même et rendait gloire à Dieu en disant : «Jamais
nous n'avons vu cela !» "
Alors ? Jésus est-il une vedette ? Pas du tout.
Nous l'avons déjà dit. Peut-être Jésus
ressemble-t-il à une vedette ? Non. C'est l'inverse. Ce
sont les vedettes qui essaient de ressembler à Jésus.
Malheureusement, toutes les vedettes, toutes les célébrités
que nous connaissons ne se doutent peut-être pas que Jésus
est unique, et que personne ne peut l'imiter et lui ressembler pour
lui dérober sa propre Gloire... Gloire à Dieu seul,
par Marie, et pour Marie ! Amen !
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