Homélie pour le dix-neuvième Dimanche dans l'Année - Année B - Jn. 6, 41-51par le Chanoine Dr. Daniel Meynen " Les Juifs se mirent à protester parce que Jésus avait dit : «Je suis le pain descendu du ciel.» Ils disaient : «N'est-ce pas là Jésus, le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment peut-il prétendre maintenant qu'il est descendu du ciel ?» Jésus leur répondit : «Ne murmurez point entre vous. Personne ne peut venir à moi si le Père qui m'a envoyé ne l'attire ; et moi je le ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes : "Ils seront tous enseignés de Dieu." (Isaïe 54, 13) Ainsi, tout homme qui écoute les leçons du Père et s'en instruit vient à moi. Ce n'est pas que personne ait vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu ; celui-là a vu le Père. En vérité, en vérité je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle. C'est moi le pain de vie. Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts. Le pain du ciel est tel que si l'on en mange, on ne meurt point. Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c'est ma chair, pour le salut du monde.» " Homélie :" Les Juifs se mirent à protester parce que Jésus avait dit : «Je suis le pain descendu du ciel.» Ils disaient : «N'est-ce pas là Jésus, le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment peut-il prétendre maintenant qu'il est descendu du ciel ?» "
Pendant quelques dimanches, nous abandonnons la lecture de l'évangile de Saint Marc pour nous consacrer au chapitre sixième de l'évangile de Saint Jean. Ce chapitre est un des plus importants que Saint Jean a écrit, car il nous rapporte tout ce que Jésus pouvait lui-même expliquer de l'Eucharistie, qu'il appelle "le pain de vie, le pain descendu du ciel".
Certains refusent de voir ici un commentaire eucharistique. En fait, dans ce discours, il n'est nullement question de pain et de vin tels que nous les voyons utiliser au cours de la Cène eucharistique. Néanmoins, il s'agit là d'un faux problème. Car, lors de la célébration eucharistique, le ministre redit les paroles de Jésus : "Ceci est mon Corps" et "Ceci est mon Sang" (ou plutôt : "Ceci est la coupe de mon Sang"), tandis qu'ici, dans Saint Jean, Jésus dit : "C'est moi le pain de vie." (Jn. 6, 48) Or, tout cela n'est que l'expression d'une seule et unique réalité - mystérieuse - qui est présentée sous deux aspects différents. Le premier aspect consiste à dire que telle nourriture est le Corps du Christ ; le second aspect, que le Corps de Jésus est telle nourriture.
En Saint Jean, il y a donc une inversion, une autre présentation du mystère eucharistique. Et c'est ce qui fait croire, à tort, que le sixième chapitre de Saint Jean ne serait pas un commentaire eucharistique. Au contraire, c'est le meilleur, le plus proche de la réalité, car présenté et commenté par Jésus en personne. Mais, dans un sens comme dans l'autre, le mystère eucharistique - comme tout mystère d'ailleurs - demande la foi. On comprend donc l'étonnement des Juifs auxquels Jésus s'adressait, car, sans la foi, ils leur était impossible d'acquiescer aux paroles du Maître.
" Jésus leur répondit : «Ne murmurez point entre vous. Personne ne peut venir à moi si le Père qui m'a envoyé ne l'attire ; et moi je le ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes : "Ils seront tous enseignés de Dieu." (Isaïe 54, 13) Ainsi, tout homme qui écoute les leçons du Père et s'en instruit vient à moi. Ce n'est pas que personne ait vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu ; celui-là a vu le Père.» "
La foi ! Quelle grande vertu ! Grâce à elle, des merveilles se sont réalisées au fil des siècles ! Grâce à elle, nous sommes aujourd'hui nous-mêmes croyants ! Mais la foi, la vraie foi n'est rien sans l'amour. C'est l'amour qui est le moteur de la foi, c'est l'amour qui pousse les hommes et les femmes vivant sur cette terre à croire de tout leur coeur à Dieu, le Père, qui est au Ciel ! Or, ce qui peut entraîner l'amour à agir ce ne peut être que l'amour lui-même : car il n'y a que l'amour qui attire l'amour. Le Père, le Dieu tout-puissant, le Dieu tout-amour, c'est lui et lui seul qui peut attirer notre amour, et, par là, activer notre foi qui nous conduit à Jésus, le Fils bien-aimé du Père : "Personne ne peut venir à moi si le Père qui m'a envoyé ne l'attire."
" «En vérité, en vérité je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle. C'est moi le pain de vie. Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts. Le pain du ciel est tel que si l'on en mange, on ne meurt point. Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c'est ma chair, pour le salut du monde.» "
La foi et l'amour font bon ménage : ensemble, ils conduisent l'homme vers Dieu, vers cette nourriture qui est la Parole de Dieu. La foi et l'amour sont des moyens qui permettent à l'homme de recevoir en lui la vie qui est celle du Verbe de Vie, la Vie même de Dieu : "Celui qui croit en moi a la vie éternelle." Cependant, même si la foi permet à l'amour de vivre éternellement, ce n'est qu'un commencement d'éternité qui est donné à l'homme qui aime Dieu : car la foi est une épreuve qui dure jusqu'à la fin de la vie de l'homme sur terre, une épreuve qu'il faut traverser, une épreuve qu'il faut endurer jusqu'à la fin, avec persévérance.
Une foi forte, une foi puissante, une foi soutenue par la puissance même de l'Amour de Dieu, une telle foi donnera à l'homme de ne jamais mourir pour l'éternité, même s'il doit mourir dans le temps, à l'heure indiquée par Dieu. Objet de cette foi et de cet amour, l'Eucharistie - pain de vie éternelle - donne à l'homme ou à la femme qui la reçoit dignement le pouvoir de ne jamais mourir pour l'éternité ! "Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement."
Demandons à Marie, la Mère du Bel Amour, de nous aider à communier au Corps du Christ avec une foi forte et un amour sans borne, dans l'espérance de la vie éternelle qui doit se manifester en Jésus ressuscité lorsqu'il apparaîtra au dernier jour !
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