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Homélie pour le
douzième Dimanche dans l'Année - Année B - Mc. 4,
35-41
par
le Chanoine Dr. Daniel Meynen
" Après avoir
parlé en paraboles à ses disciples, Jésus leur
dit, le soir venu : «Passons à l'autre rive.»
Laissant la foule, ils l'emmènent dans la barque, comme il
était. D'autres embarcations l'escortaient.
" Un grand tourbillon
s'élève, et les vagues se jetaient dans la barque, au
point que déjà elle s'emplissait. Jésus se
trouvait à la poupe, dormant sur le coussin. Ils
l'éveillent : «Maître, disent-ils, cela ne te fait
rien que nous périssions ?» Réveillé, il
menaça le vent et dit au lac : «Silence ! tais-toi
!» Et le vent s'apaisa, et il se fit un grand calme. Puis il leur
dit : «Que vous êtes donc peureux ! N'avez-vous point de
foi ?» Ils furent saisis d'une grande crainte, et ils
chuchotaient entre eux : «Qui donc est celui-ci, que le vent et
les eaux lui obéissent ?» "
Homélie :
" Après avoir
parlé en paraboles à ses disciples, Jésus leur
dit, le soir venu : «Passons à l'autre rive.» "
Nous sommes au bord du lac
de Tibériade, en Galilée. Jésus vient de parler
à la foule et à ses disciples, leur apprenant par des
paraboles à connaître le royaume de Dieu. Il va traverser
le lac avec ses disciples afin d'aller porter la bonne nouvelle du
Royaume aux gens qui habitent à l'Est du grand lac.
" Laissant la foule, ils
l'emmènent dans la barque... "
Les disciples du Seigneur
l'emmènent avec lui dans la barque pour traverser le lac de
Tibériade. Cette action toute simple des disciples est un bel
exemple à suivre : il nous invite à emmener Jésus
avec nous, à nous unir étroitement à lui pour
traverser toutes nos épreuves comme toutes nos joies. Car il
faut parler d'épreuve, ici : les disciples vont être
confrontés à un terrible événement, celui
de la tempête sur un lac aux dangers imprévisibles. Ayons
à coeur de retenir et de garder le Seigneur près de nous
et avec nous, aimons demeurer dans sa présence toute aimante et
toute bienveillante. Imitons cet exemple des disciples sur le lac de
Tibériade, ou encore celui des disciples qui
accompagnèrent Jésus ressuscité jusqu'à
Emmaüs le soir de Pâques, disant avec eux au Seigneur :
«Reste avec nous !» (Lc. 24, 29)
" Un grand tourbillon
s'élève, et les vagues se jetaient dans la barque, au
point que déjà elle s'emplissait. "
Cette agitation de la mer
qui menace d'un grand danger la barque des disciples a
été fréquemment commentée par les
Pères de l'Église. Ils y ont vu une image de
l'Église, représentée par la barque,
ballotée et agitée de toute manière durant son
long pélerinage sur la terre, en route vers cette autre rive qui
est celle de la Patrie céleste. En effet, l'eau est une image
fréquemment employée dans la Bible, tant dans l'Ancien
que dans le Nouveau Testament. Elle peut avoir plusieurs significations
suivant le contexte. Ici, l'eau nous fait surtout penser au
déluge qui s'abattit sur la terre au temps de Noé ; la
barque est alors la figure de cette arche salutaire dont nous parle
Saint Pierre dans sa première épître (1 P. 3, 20).
Comme les disciples dans la barque, les fidèles du Christ sont
parfois tourmentés et agités de différentes
façons : épreuves, difficultés, tristesses,
angoisses, et autres tourments de l'âme et du corps. Mais s'ils
ont emmené avec eux le Seigneur Jésus, s'ils sont unis au
Christ dans leur coeur, que pourra-t-il leur arriver ?
" Jésus se trouvait
à la poupe, dormant sur le coussin. Ils l'éveillent :
«Maître, disent-ils, cela ne te fait rien que nous
périssions ?» "
Celui qui a lu et relu
"l'Histoire d'une âme", de Sainte Thérèse de
l'Enfant-Jésus, se souviendra sans doute de ces paroles de la
Sainte lorsqu'elle fait allusion à l'Évangile de ce jour.
Dans les premières lignes de son chapitre huitième, elle
dit en effet : «Faut-il vous parler de ma retraite de profession
? Bien loin d'être consolée, l'aridité la plus
absolue, presque l'abandon, furent mon partage. Jésus dormait
comme toujours dans ma petite nacelle.» Quand nous
éprouvons des difficultés, des épreuves, des
tourments, notre première réaction est de penser que
Jésus dort et qu'il ne fait rien pour nous sortir de l'embarras.
Nous regardons les événements du monde et nous nous
demandons, parfois avec indignation, pourquoi Dieu ne fait rien pour
empêcher tel drame ou telle catastrophe. Nous crions alors vers
le Seigneur, comme pour le réveiller et pour lui demander
d'agir, comme s'il n'était pas toujours à l'oeuvre par sa
Providence éternelle. Nous réveillons Jésus, comme
les Apôtres.
" Réveillé,
il menaça le vent et dit au lac : «Silence ! tais-toi
!» Et le vent s'apaisa, et il se fit un grand calme. Puis il leur
dit : «Que vous êtes donc peureux ! N'avez-vous point de
foi ?» "
La Petite
Thérèse continuait son récit, disant : «Ah !
je vois que bien rarement les âmes le laissent dormir
tranquillement en elles.» C'est en effet notre attitude la plus
courante : nous réveillons Jésus, au lieu de le laisser
dormir en nous. Nous nous effrayons de ce qui peut nous arriver quand
tel ou tel danger nous menace, au lieu de faire confiance au Seigneur
qui est avec nous et qui repose dans notre coeur. Nous avons
peut-être emmené le Seigeur avec nous, mais notre esprit,
notre âme est ailleurs : Jésus est au dedans de nous et
nous le cherchons là où nous ne pouvons pas le trouver !
Alors, ne risquons-nous pas d'entendre ce reproche du Seigneur :
«N'avez-vous point de foi ?»
Croyons en Dieu qui est
tout-puissant et qui peut tout pour nous sauver ! Jésus a
montré sa toute-puissance de multiples façons.
Aujourd'hui, il nous demande de croire qu'il peut calmer la mer et
apaiser la tempête. Demandons à la Très Sainte
Vierge Marie, qui a cru à toutes les paroles qui lui furent
dites de la part du Seigneur (cf. Lc. 1, 45), demandons-lui de nous
aider par son intercession auprès du Seigneur ! Que ce soit le
fruit de notre communion de ce jour !
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