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Homélie pour le
vingt-neuvième dimanche dans l'année - Année C -
Lc. 18, 1-8
par
le Chanoine Dr. Daniel Meynen
" Jésus proposa une
parabole pour montrer qu'il faut toujours prier sans jamais se lasser.
«Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait point Dieu et
n'avait d'égard pour personne. Il y avait aussi dans cette ville
une veuve qui venait fréquemment le trouver en disant : Fais-moi
justice de mon contradicteur. Longtemps il refusa. Mais un jour il se
dit : Je ne crains pas Dieu et je n'ai d'égard pour personne ;
mais je vais faire justice à cette femme tant elle m'importune ;
sinon elle ne cessera de me rompre la tête.» Le Seigneur
ajouta : «Vous entendez ce que dit ce juge inique ? Et Dieu ne
ferait pas justice à ses élus qui crient à lui
jour et nuit, même s'il tarde à les secourir ? Je vous le
dis : il leur fera bientôt justice. Seulement, lorsque le Fils de
l'Homme reviendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?» "
Homélie :
" Jésus proposa une
parabole pour montrer qu'il faut toujours prier sans jamais se lasser. "
Apparemment, nous ne devons
pas beaucoup chercher pour trouver le sujet de l'évangile de ce
jour. Saint Luc lui-même nous le dit clairement : "Jésus
proposa une parabole pour montrer qu'il faut toujours prier sans jamais
se lasser." La prière : voilà le sujet de ce jour ! Mais
est-ce bien tout ? Derrière ces mots très clairs par leur
sens n'y a-t-il pas un sens plus profond à découvrir ?
Reportons-nous au soir où Jésus avait beaucoup
prié son Père, au soir qui précéda sa mort,
alors que Jésus pria tellement qu'il sua du sang ! "Dans
l'angoisse, sa prière se fit plus intense et sa sueur devint
comme des gouttes de sang qui coulaient à terre." (Lc. 22, 44)
Chose terrible !
Jésus sua des gouttes de sang ! Quelle fut donc sa prière
pour qu'il en arrive à cet état ? Jésus disait
alors : "Père, s'il te plaît, éloigne de moi cette
coupe ! Toutefois, que ta volonté soit faite, et non la mienne."
(Lc. 22, 42) Mais, ce qui révèle tout le sens de sa
prière, ce furent les paroles qu'il adressa ensuite à ses
disciples : "Veillez et priez..." (Mc. 14, 38) Là Jésus
exprime tout le sens de sa prière, la prière par
excellence : "veillez et priez" ! La prière de Jésus est
une veille, une attente ! La prière de Jésus est une
anticipation de son passage de ce monde à son Père !
Quand Jésus priait la veille de sa Passion, il voyait
déjà ce douloureux passage qui le conduirait à son
Père : "Père, s'il te plaît, éloigne de moi
cette coupe ! Toutefois, que ta volonté soit faite, et non la
mienne."
Si telle fut la
prière de Jésus, pourquoi la nôtre serait-elle
différente ? Il n'y a pas de meilleur modèle que
Jésus ! Notre prière doit donc être semblable
à la sienne. Notre prière doit être une attente de
notre propre passage de ce monde à l'éternité qui
doit venir : notre prière doit être une veille pour le
jour de l'éternité ! Chaque jour de notre vie peut
être le dernier que nous passons ici-bas, chaque jour peut
être celui de notre rencontre avec le Seigneur, celui qui doit
nous juger pour toujours ! Dans sa parabole, Jésus ne parle-t-il
pas de "justice" ? Ne dit-il pas, d'ailleurs, "Je vous le dis, il leur
fera bientôt justice" ? N'annonce-t-il pas par là qu'il va
bientôt revenir pour juger les vivants et les morts ? Cette autre
phrase est sans équivoque aucune : "Seulement, lorsque le Fils
de l'Homme reviendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?"
" «Il y avait dans
une ville un juge qui ne craignait point Dieu et n'avait d'égard
pour personne. Il y avait aussi dans cette ville une veuve qui venait
fréquemment le trouver en disant : Fais-moi justice de mon
contradicteur. Longtemps il refusa. Mais un jour il se dit : Je ne
crains pas Dieu et je n'ai d'égard pour personne ; mais je vais
faire justice à cette femme tant elle m'importune ; sinon elle
ne cessera de me rompre la tête.» "
La veuve dont parle
Jésus ne se lassa point de prier : elle continua jusqu'à
ce que ce juge inique lui rende justice. C'est l'exemple humain que
Jésus lui-même nous donne ! Mais faisons-nous de
même ? Avons-nous encore assez de foi pour prier ainsi ? Si nous
n'en avons pas, demandons-en d'abord au Seigneur ! Alors, nous pourrons
prier pour obtenir justice, pour que le juste Juge se manifeste enfin
et rende à chacun ce qu'il mérite !
Répétons-le : avons-nous encore assez de foi pour prier
ainsi ? Les premiers chrétiens, avec Saint Paul et Saint Jean,
criaient : "Amen. Viens, Seigneur Jésus !" (Ap. 22, 20 ;
1 Cor. 16, 22) "Marana tha !" Que
disons-nous quand nous prions notre Père ? "Que ton règne
vienne !" Veillons donc et prions.
" «Seulement, lorsque
le Fils de l'Homme reviendra, trouvera-t-il la foi sur la terre
?» "
Cette parole du Seigneur
peut signifier deux choses. La première, c'est que, lors de la
seconde venue du Christ, la foi aura presque tout à fait disparu
de la terre, qu'il n'y aura plus qu'un très petit nombre de
croyants. La deuxième, c'est que la foi ne se verra plus sur la
terre, extérieurement, et qu'elle n'existera plus
qu'intérieurement, dans les coeurs des fidèles. Si cette
prophétie du Seigneur doit se réaliser (et pourquoi ne se
réaliserait-elle pas ?), fasse le Ciel que ce soit la
deuxième chose qui se réalise ! Car alors, la foi pourra
exister encore dans un grand nombre de croyants, leur permettant ainsi
d'être sauvés.
Demandons cette grâce
à Dieu, demandons-la par Marie, elle qui a toujours cru
"à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part
du Seigneur." (Lc. 1, 45) Demandons surtout cette grâce au moment
où nous allons célébrer le grand Mystère de
la Foi !
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