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Homélie pour le
vingtième Dimanche dans l'année - Année C - Lc.
12, 49-53
par
le Chanoine Dr. Daniel Meynen
" Jésus disait :
«Je suis venu mettre le feu sur la terre, et qu'ai-je à
désirer, si dès maintenant il est allumé ? Il est
un baptême dont je dois être baptisé, et quelle est
mon angoisse jusqu'à ce qu'il s'accomplisse !»
" «Pensez-vous que je
sois venu établir la paix sur la terre ? Non, vous dis-je, mais
la dissension. Car désormais, s'ils sont cinq dans une maison,
ils s'opposeront trois contre deux, et deux contre trois, le
père contre le fils et le fils contre le père, la
mère contre la fille et la fille contre la mère, la
belle-mère contre la bru et la bru contre la
belle-mère.» "
Homélie :
" Jésus disait :
«Je suis venu mettre le feu sur la terre, et qu'ai-je à
désirer, si dès maintenant il est allumé ? Il est
un baptême dont je dois être baptisé, et quelle est
mon angoisse jusqu'à ce qu'il s'accomplisse !» "
Toute la liturgie de ce
jour nous replonge dans le contexte de la contradiction ! Les
prophètes qui, comme Jérémie, annonçaient
le Messie ont été contredits et malmenés par leurs
contemporains. Jésus lui-même alla résolument au
devant des pires supplices pour satisfaire la justice divine. Les
chrétiens de tous les âges, et en premier lieu les
martyrs, n'hésitèrent pas à témoigner de
leur foi au prix de leur sang. Assurément, la contradiction est
là ! Celui qui veut appartenir au Christ doit se préparer
au combat de la foi, car Jésus est lui-même un signe de
contradiction : "Pensez-vous que je sois venu établir la paix
sur la terre ? Non, vous dis-je, mais la dissension."
Chose terrible ? Affaire
épouvantable ? Pas du tout ! C'est la voie à suivre, car
il n'y en a pas d'autre ! Il faut s'y résigner comme
Jésus lorsqu'il prit résolument le chemin de
Jérusalem pour y subir sa Passion. La voie est tracée, le
Maître y est passé le premier : il ne nous reste
qu'à le suivre, si nous voulons participer à sa gloire.
"Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ainsi, pour entrer dans
sa gloire ?" (Lc. 24, 26) Car il ne faut pas l'oublier : la
contradiction est un point de passage, un lieu de transition, qui est
obligatoire, mais qui est passager ! Par la Croix, Jésus nous
ouvre le Ciel : en nous unissant à sa Croix, nous allons au Ciel
nous aussi !
" «Il est un
baptême dont je dois être baptisé, et quelle est mon
angoisse jusqu'à ce qu'il s'accomplisse !» "
Jésus nous parle ici
de son baptême sur la Croix : il désire ardemment
être baptisé dans son Sang afin de rendre gloire à
Dieu en satisfaisant pour nos péchés. Et Jésus
désire ce baptême ! N'a-t-il d'ailleurs pas dit à
ses disciples, le soir du Jeudi-Saint : "J'ai vivement
désiré manger cette Pâque avec vous avant de
souffrir." (Lc. 22, 15) Or cette Pâque-là, ce fut la
dernière de sa vie, le repas au cours duquel il institua le
sacrement de son Sacrifice ! Donc, lorsque Jésus désire
vivement manger la Pâque, c'est d'abord et avant tout au
sacrement de son Corps et de son Sang qu'il pense : pour Jésus,
manger la Pâque, c'est consommer son sacrifice avant même
qu'il ne se réalise.
Le baptême de
Jésus sur la Croix est le modèle de notre propre
baptême, un baptême qui, comme le baptême de
Jésus, conduit à la vie : "Nous avons été
ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme
le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père,
nous vivions, à notre tour, une vie nouvelle." (Rm. 6, 4) Si
donc la contradiction est notre partage, nous devons nous efforcer,
avec la grâce de Dieu, de tourner notre regard vers le Ciel : si
la contradiction nous atteint, pensons que le Ciel nous attend et que
notre rencontre avec le Seigneur est déjà pour
bientôt ! La contradiction ne dure qu'un moment, le Ciel est
éternel !
" «Pensez-vous que je
sois venu établir la paix sur la terre ? Non, vous dis-je, mais
la dissension.» "
Jésus nous le dit
clairement : il n'est pas venu sur terre pour apporter la paix.
Entendons-nous bien : Jésus n'est pas venu apporter la paix
telle que le monde la conçoit. Car Jésus est bien venu
apporter la paix, mais sa paix à lui : "Je vous laisse la paix ;
je vous donne ma paix à moi, et je ne vous la donne pas comme la
donne le monde." (Jn. 14, 27) La paix que Jésus donne est une
paix toute relative. Cela veut dire que la paix de Jésus est une
paix dans laquelle l'âme est suffisamment tranquille pour
travailler à l'Oeuvre de Dieu, sans pour autant que les
contradictions soient totalement absentes de sa vie. La paix de
Jésus se situe dans un juste milieu entre la tranquillité
et la contradiction, celle-ci étant suffisamment dominée
pour que l'âme puisse vivre tranquillement.
Dans peu de temps, au cours
de cette Eucharistie, le prêtre, au nom de toute
l'assemblée, redira ces paroles de Jésus : "Je vous laisse
la paix; je vous donne ma paix à moi..." Ce sera juste avant la
communion. Demandons à Marie que ces paroles se réalisent
dans toute leur plénitude, pour la plus grande gloire de Dieu !
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