Homélie pour l'unité - 2003-2004


par

le Père Daniel Meynen
 
 

"Ut omnes unum sint." "Que tous soient un." (Jn. 17, 21)




Homélie :


"J'attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir."


Cette attente du Seigneur était très forte dans les quelques dizaines d'années après l'Ascension du Seigneur au Ciel. La foi des chrétiens était forte, leur espérance était forte, leur charité était forte. Ils n'avaient "qu'un seul coeur et qu'une seule âme" (Actes 4, 32).


Cette attente du Seigneur est le seul et unique facteur d'unité entre les chrétiens. Car Celui qui vient est à la fois l'Amour tout-puissant et miséricordieux, et le Juge souverain devant qui tout genou doit fléchir. Celui qui attend le Seigneur espère en sa grande miséricorde et il s'humilie devant le jugement sans appel de Dieu. Où pourrait-on trouver quelque obstacle à l'unité chez le chrétien qui attend réellement le Seigneur ? Assurément, il n'y en a pas.


Quand nous tournons notre regard vers le Ciel, tout comme les Apôtres le jour de l'Ascension de Jésus, alors, s'imprime déjà sur notre visage le rayonnement de la Lumière éternelle de Dieu : nous sommes envahis par cette Beauté suprême et le coeur de chacun de nous est déjà en Dieu, qui nous unit tous dans son Esprit vivifiant !


Certes nous avons toujours les pieds sur terre. Et c'est très bien ainsi. Car, si Jésus veut que nous l'attendions tous, il veut aussi que, pendant cette attente, nous travaillions à ce monde qui passe. Et la première oeuvre à accomplir c'est l'annonce de la Bonne Nouvelle ! Rappelons-nous Saint Paul, qui cite le prophète Isaïe (52, 7) : "Qu'ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent la Bonne Nouvelle !" (Rm. 10, 15)


Avoir la tête dans le Ciel, et les pieds sur terre : la position de l'homme debout, droit, sur ses deux pieds, comme déjà ressuscité, voilà la position de l'homme chrétien ! Nous ne sommes pas comme cette femme courbée dont parle Jésus (cf. Lc. 13, 11). Au contraire, nous nous tenons debout et bien droit, relevant la tête, pour attendre le Seigneur : "Redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche." (Lc. 21, 28)


Certes, pour implorer le pardon du Seigneur, pour demander la grâce de Dieu, nous nous tenons d'une manière humble et misérable, comme le fit le publicain de l'évangile (cf. Lc. 18, 13). C'est souvent à genoux que nous demandons pardon à Dieu pour nos péchés, pour toutes ces fautes qui sèment habituellement la discorde parmi nous. Mais ensuite, nous nous relevons, et c'est debout que nous prions d'ordinaire le Seigneur : c'est dans l'attitude du ressuscité que nous demandons à Dieu d'envoyer son Esprit pacificateur !


S'il y a des gens qui ne supportent pas de rester longtemps debout, qu'elles s'asseyent. C'est normal. Mais si la santé le permet, levons-nous ! Ne prions pas le Seigneur affalés dans des fauteuils de cinéma, ou sur des sièges trop bas, qui ne sont en fait que d'anciens prie-Dieu transformés en chaises ! Quand nous assistons à la Messe, réservons la position assise pour écouter la Parole de Dieu (mais pas l'Evangile !), ou pour le temps de l'offertoire. Le reste de la Messe, depuis la Préface jusqu'à la Communion, le chrétien doit prier debout, ou à genoux...


Debout ou à genoux, ce fut toujours la position du chrétien pour prier le Seigneur. Dans les premiers siècles de l'Eglise, et même encore aujoud'hui en certaines contrées, il n'y a pas de chaises dans les églises. On utilisait souvent un bâton, le bâton du pèlerin, pour s'appuyer... Je ne veux pas dire par là qu'il faut revenir à ces pratiques anciennes. Mais celles-ci nous montrent une donnée de notre foi : nous attendons le Seigneur ressuscité, debout !


Si nous avons tendance à nous asseoir, ou plutôt, si nous avons trop tendance à nous asseoir pour prier, ne serait-ce pas que nous n'attendons plus le Seigneur ?


Or, si nous n'attendons plus le Seigneur, notre Credo est vide de sens. C'est comme si nous n'avions plus la foi...


Ces deux choses sont liées. Tout comme l'unité entre les chrétiens est liée à tout cela...


Ne plus attendre le Seigneur, ne plus avoir la foi : ces deux faits vont de pair. Le Seigneur n'a-t-il pas dit : "Le Fils de l'Homme, quand il viendra, trouvera-t-il encore la foi sur la terre?" (Lc. 18, 8) Et Saint Pierre précise : "Le jour du Seigneur viendra comme un voleur." (2 P. 3, 10)


Prions Marie, récitons le Rosaire ! Soyons des hommes et des femmes de foi ! Tournons notre regard vers le Ciel, vers la Demeure du Père, du Fils et de l'Esprit-Saint ! Soyons spirituels, tout en ayant les pieds sur terre ! Alors, tous, nous seront un !



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