Homélie pour la fête de la Dédicace de Saint Jean de Latran - Jn. 2, 13-22


par

le Père Daniel Meynen
 
 

"La Pâque des Juifs approchait, et Jésus monta à Jérusalem. Dans le temple, il trouva les marchands de boeufs, de moutons et de pigeons et les installations des changeurs. Il fit un fouet de cordes et les chassa tous du temple ainsi que les moutons et les boeufs ; il jetta par terre la monnaie des changeurs et renversa leurs comptoirs. Il dit aux marchands de pigeons : « Otez cela d'ici ; ne faites pas de la maison de mon Père un bazar de trafic. » Ses disciples se rappelèrent alors qu'il est écrit : "Le zèle de ta maison me dévore." (Ps. 68, 10)


"Les Juifs intervinrent alors : « Pour agir de la sorte, dirent-ils, quel signe nous donnes-tu ? » Jésus répondit : « Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs repartirent : « On a mis quarante-six ans à batir ce temple, et toi, en trois jours, tu le relèveras ?... » Mais il parlait du temple de son corps. Aussi, lorsqu'il fut ressuscité des morts, ses disciples se rappelèrent ce qu'il avait dit là, et ils ajoutèrent foi à l'Ecriture et à la parole de Jésus."




Homélie :


"La Pâque des Juifs approchait, et Jésus monta à Jérusalem."


Nous célébrons aujourd'hui la fête de la Dédicace de la Basilique Saint Jean de Latran. Cette église est la Cathédrale du Pape ; car le Pape est évêque de Rome, et, en tant que tel, il possède une église-cathédrale, c'est-à-dire une église où il possède son siège, ou sa cathèdre. La Basilique Saint Jean de Latran, qui n'est pas à confondre avec la Basilique Saint Pierre, a été choisie comme Cathédrale du Pape parce qu'elle est la plus ancienne des églises de Rome qui fut dédiée au Sauveur. D'ailleurs, cette Basilique s'appelle aussi Basilique du Saint-Sauveur.


Si nous lisons un évangile qui nous parle du temple de Jérusalem, c'est donc en rapport avec la fête de ce jour. Le temple de Jérusalem sera pour nous aujourd'hui une image et un symbole de l'Eglise du Christ vivant maintenant, vingt siècles après l'époque du Seigneur.


"Dans le temple, il trouva les marchands de boeufs, de moutons et de pigeons et les installations des changeurs. Il fit un fouet de cordes et les chassa tous du temple ainsi que les moutons et les boeufs ; il jetta par terre la monnaie des changeurs et renversa leurs comptoirs. Il dit aux marchands de pigeons : « Otez cela d'ici ; ne faites pas de la maison de mon Père un bazar de trafic. »"


Ecoutons ce que nous dit le Sauveur du monde : "Ne faites pas de la maison de mon Père un bazar de trafic." Est-ce que cette parole s'adresse à nous ? Je crains que oui... Mais aujourd'hui, le trafic, les affaires, le négoce en tout genre ne se pratique pas à l'intérieur des églises : il a lieu en dehors, parfois même juste à côté de l'église, le dimanche compris. Et ces affaires matérielles, ces trafics en tout genre prennent tellement de place dans la vie des gens qu'ils en oublient d'aller à l'église... Le dimanche, au lieu de voir les fidèles à l'église, on les voit ailleurs, faire leur marché... Si encore ils traitaient leurs affaires à l'église, ils seraient présents de corps, sans être présents d'esprit ; mais non : ils ne sont présents ni de corps ni d'esprit, et, le dimanche, les églises sont vides, ou presque...


"Ses disciples se rappelèrent alors qu'il est écrit : "Le zèle de ta maison me dévore." (Ps. 68, 10)"


Voilà l'exemple à suivre ! Voilà ce que tous les chrétiens doivent faire à la suite du Christ : se consumer de zèle pour la gloire de Dieu et le règne qu'il veut instaurer à tout prix dans les coeurs, dans les maisons, dans les communautés, dans les pays, et par toute la terre ! Que le zèle de la maison de Dieu nous dévore ! Que cette église dans laquelle nous sommes soit le lieu de notre prière, et non de notre trafic ! Que l'Eglise universelle qui regroupe tous les fidèles soit une communauté de priants et de saints, tout dévoués à la propagation du règne de Dieu dans la terre entière ! Voilà quel doit être notre désir ! Voilà quelle doit être la pensée profonde de notre coeur !


"Les Juifs intervinrent alors : « Pour agir de la sorte, dirent-ils, quel signe nous donnes-tu ? » Jésus répondit : « Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs repartirent : « On a mis quarante-six ans à batir ce temple, et toi, en trois jours, tu le relèveras ?... » Mais il parlait du temple de son corps. Aussi, lorsqu'il fut ressuscité des morts, ses disciples se rappelèrent ce qu'il avait dit là, et ils ajoutèrent foi à l'Ecriture et à la parole de Jésus."


Jésus associe dans son discours le temple de Jérusalem et son corps qui devait ressusciter trois jours après sa mort. En effet, par sa Résurrection, le Seigneur vainquit la mort, il chassa définitivement tous les vendeurs du temple et inaugura dans sa chair le Règne de Dieu dans la Création renouvelée et restaurée dans sa splendeur première ! Préparons-nous à assister à cet événement ! Le Seigneur va actualiser son sacrifice sur l'autel, il va rendre présent pour nous sa victoire sur la mort, il va nous inviter à sa table pour achever en nous l'établissement du Règne de Dieu ! Par la communion eucharistique, Jésus sera en nous, et il nous invitera à redire avec lui : "Le zèle de ta maison me dévore !" Que Marie nous assiste et nous aide à répondre à l'invitation du Seigneur !



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