Homélie pour le vingt-deuxième Dimanche dans l'année - Année B - Mc. 7, 1-8 & 14-15 & 21-23par le Père Daniel Meynen " Les pharisiens et quelques scribes venus de Jérusalem se réunissent auprès de Jésus. Voyant quelques uns de ses disciples prendre leurs repas avec des mains souillées, c'est-à-dire non lavées, (les pharisiens en effet et tous les Juifs ne mangent pas sans s'être lavé soigneusement les mains, car ils tiennent à la tradition des anciens ; en rentrant du marché, ils ne mangent pas sans avoir fait des ablutions ; et il y a beaucoup d'autres coutumes qu'ils observent par tradition : immersions de coupes, de cruches et de casseroles), les pharisiens et les scribes lui demandent : « Pourquoi tes disciples, au lieu de suivre la tradition des anciens, prennent-ils leurs repas avec des mains souillées ? » Jésus leur répondit : « Isaïe a joliment bien prophétisé de vous, hypocrites, lorsqu'il écrit : " Ce peuple m'honore des lèvres, mais son coeur est loin de moi. Vain est leur culte, puisqu'ils enseignent pour doctrine des préceptes humains (29, 13)." Vous délaissez le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes. »
" Ayant appelé de nouveau la foule, Jésus disait : « Ecoutez-moi tous, et comprenez ! Il n'existe hors de l'homme rien qui soit à même de le souiller s'il l'absorbe. Ce qui sort de lui, voilà ce qui peut souiller l'homme. »
" « Car c'est du dedans, du coeur des hommes, que procèdent les pensées mauvaises : dévergondages, vols, meurtres, adultères, cupidités, perversités, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil, folie, tous ces vices sortent du dedans et souillent l'homme. » " Homélie :" Les pharisiens et quelques scribes venus de Jérusalem se réunissent auprès de Jésus. Voyant quelques uns de ses disciples prendre leurs repas avec des mains souillées, c'est-à-dire non lavées, les pharisiens et les scribes lui demandent : « Pourquoi tes disciples, au lieu de suivre la tradition des anciens, prennent-ils leurs repas avec des mains souillées ? » "
Nous sommes aujourd'hui en présence d'un fait étonnant : les disciples du Seigneur manifestent par leur simple attitude corporelle, par un geste, toute la nouveauté de la Révélation que Jésus est venu apporter sur la terre ! Ainsi, le simple fait de ne pas se laver les mains pour les purifier rituellement permet à l'Esprit de Dieu de se faire connaître pour ce qu'il est réellement : l'Esprit du Père qui repose sur le Fils ! Car la nouveauté est là : Dieu est Trinité, Dieu est Vie, et sa Vie, c'est sa Parole, ce Verbe que le Père engendre éternellement dans l'Esprit-Saint ! Désormais, la louange véritable doit être celle qui est en Jésus : la Parole de Dieu incarnée !
C'est pourquoi Jésus répond aux scribes et aux pharisiens : « Isaïe a joliment bien prophétisé de vous, hypocrites, lorsqu'il écrit : " Ce peuple m'honore des lèvres, mais son coeur est loin de moi." (29, 13) » Car déjà avant l'Incarnation, la louange véritable était possible et le peuple élu pouvait espérer la venue du Messie promis depuis la chute du premier homme. Le peuple que Dieu s'était choisi avait la grâce d'espérer sa venue et de réaliser déjà la louange parfaite que le Seigneur attendait de lui. Mais cette grâce, si elle a été accueillie par quelques uns, est restée sans réponse de la part de ceux qui étaient appelés à guider le peuple tout entier. " Vain est leur culte, puisqu'ils enseignent pour doctrine des préceptes humains", dit Jésus en rappelant le prophète Isaïe (29, 13).
" « Vous délaissez le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes. » "
Ici, Jésus parle en personne, il ne cite plus le prophète Isaïe. Jésus se place maintenant au temps où il est : son temps. Mais ce temps, le temps de Jésus, est aussi le nôtre, car lorsque Jésus s'incarne en Marie, commence ce que Saint Paul appelle "la plénitude des temps" (Ga. 4, 4). Depuis l'Incarnation, nous sommes dans le temps de Jésus, et ce qu'il dit en son temps vaut aussi pour nous qui vivons aujourd'hui. Alors, c'est aussi à nous que s'adressent ces paroles : " Vous délaissez le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes."
Jésus se place toujours sur le plan de la nouveauté : Jésus rénove, car tout, en dehors de lui, vieillit. La tradition des hommes n'est pas en Jésus : il n'y a que la tradition de Dieu qui soit en lui. Car le mot même de tradition exprime le fait de transmettre à quelqu'un quelque chose que l'on a reçu d'un autre. Et Jésus, comme médiateur et intermédiaire, est précisément celui qui nous transmet tout ce qu'il a reçu de son Père, ainsi qu'il l'a dit à ses disciples, la veille de sa Passion : " Je vous ai fait connaître tout ce que j'ai appris de mon Père." (Jn. 15, 15)
La tradition de Dieu, celle qui est en Jésus, rénove : en assumant le passé, le tradition de Dieu porte à sa plénitude tout ce que les générations antérieures ont vécu dans l'Esprit du Père, dans l'espérance de la plénitude à venir, celle de Jésus, louange et gloire éternelle de Dieu ! La tradition de Dieu rénove, car elle est l'accomplissement de l'ordre du Père : elle est le commandement de Dieu reçu joyeusement et accompli avec fidélité ! Aussi, lorsque les disciples du Seigneur ne se lavaient pas les mains pour se purifier, ils ne le faisaient pas d'une manière anarchique et désordonnée : au contraire, ils le faisaient sous l'inspiration de l'Esprit de Dieu, celui qui permet d'accomplir l'ordre du Père déjà réalisé en Jésus.
La tradition de Dieu rénove dans l'ordre ! Soyons fidèles à cette tradition de Dieu ! Célébrons l'Eucharistie dans cet esprit ! Que la Très Sainte Vierge Marie nous aide à l'accomplir dignement ! Que Celle qui est médiatrice dans l'unique médiateur soit pour nous l'intermédiaire de cette tradition de Dieu pleinement vécue dans son Fils !
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