Homélie pour l'Ascension du Seigneur - Année A - Mt. 28, 16-20


par

le Père Daniel Meynen
 
 

"Les onze disciples s'en allèrent en Galilée, sur la montagne que Jésus leur avait désignée.  Quand ils le virent, ils se prosternèrent ; cependant quelques uns hésitaient encore.  Mais Jésus vint à eux et leur parla en ces termes : «Toute autorité m'est dévolue, au ciel et sur la terre.  Allez donc, enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.  Apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit.  Et voici, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde.» "





Homélie :



Chers amis,



Pour cette fête de l'Ascension 2002, je vous propose une simple réflexion sur le Mystère que Jésus vit depuis qu'il est entré dans le Ciel, dans la Gloire de son Père Tout-Puissant et plein d'Amour.


La veille de sa Passion, donc la veille de son premier départ vers le Ciel, un départ accompli sur la Croix du Calvaire, Jésus disait à ses disciples : "Il vous est bon que je m'en aille; car si je ne m'en vais, le Consolateur ne viendra pas à vous; mais si je m'en vais, je vous l'enverrai." (Jn. 16, 7)


"Il vous est bon que je m'en aille." Quelle stupeur dans l'âme des disciples quand ils entendirent de telles paroles ! Eux qui aimaient tant Jésus ! Eux qui espéraient que le Christ, le Roi descendant de David, allait enfin restaurer le Royaume d'Israël ! "Nous avions l'espoir que ce serait lui qui restaurerait Israël." (Lc. 24, 21 - cf. aussi Ac. 1, 6) Pourtant Jésus n'hésite pas à leur dire : "Il vous est bon que je m'en aille."


Pensons un tant soit peu à la Très Sainte Vierge Marie qui était elle aussi présente là, le soir de ce repas pascal, ce dernier repas que Jésus prenait avec tous ses amis. Quel émoi dans l'âme de cette Mère si tendre, si sensible, si aimante, quand elle entendit son propre Fils lui dire : "Il vous est bon que je m'en aille." Quel déchirement et quelle peine ! Car, au premier abord, comment peut-on imaginer qu'une telle séparation entre le Fils et sa Mère puisse être une bonne chose ?


Quelle dut être alors la réaction dans le coeur de tous et de chacun ? Retenir Jésus à tout prix ? L'empêcher de partir ? Personne n'aurait osé, car tous savaient que c'était le Maître, et qu'il avait raison en tout ce qu'il disait et faisait. Pourtant, n'y avait-il pas l'une ou l'autre astuce pour déjouer ce plan divin ? A priori, non : Dieu est Dieu, il est tout-puissant, il fait ce qu'il veut, et rien ne lui résiste. Alors ?


Alors, la Très Sainte Vierge Marie, qui avait déjà obtenu un privilège sans précédent, celui sa Conception Immaculée, pure de tout péché, quel qu'il soit, comprit ce qu'il fallait faire : parce qu'elle était déjà l'Epouse Immaculée de l'Esprit-Saint, elle pouvait garder son Fils en elle, dans son coeur, dans son esprit, et conserver de cet être infiniment cher une image parfaite, à un point tel que cette image serait comme une présence de son divin Fils en elle !


Car Jésus l'a dit, au cours du même repas pascal : "L'Esprit-Saint (...) vous remettra en mémoire tout ce que je vous ai dit." (Jn. 14, 26) Ainsi, grâce à cet Esprit consolateur qui était en elle, Marie, la Mère de Jésus, pouvait déjà imprimer en son esprit une image parfaite de son Fils, afin de ne jamais le perdre un seul instant. Marie n'avait aucun autre moyen pour parvenir à sa fin, mais ce moyen - celui-là même de l'Esprit de Dieu en personne - était le plus parfait : nulle photographie, comme on en réalise aujourd'hui, n'aurait pu procurer à Marie un tel souvenir de son Fils lorsque celui-ci monta au Ciel le jour de l'Ascension !


Grâce à son Esprit-Saint, Jésus est toujours présent dans le monde. Déjà, par Marie, la présence spirituelle du Christ était tout à fait réelle, si bien que, depuis son Incarnation en Marie et jusqu'à la fin du monde, le Christ est présent sur terre, sans discontinuer, sans cesser, grâce à son Esprit-Saint : "Et voici, je suis avec vous tous les jours jusqu¹à la fin du monde." (Mt. 28, 20) Vraiment, il faut que Jésus parte et s'en aille au Ciel pour que l'Esprit-Saint vienne, afin de rendre le Christ encore plus présent, dans tous les esprits, dans tous les coeurs, jusqu'aux confins de l'Univers : "Il vous est bon que je m'en aille." (Jn. 16, 7)



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