Homélie pour le quinzième dimanche dans l'année - Année A - Mt. 13, 1-9par le Père Daniel Meynen "Ce jour-là, Jésus sortit de la maison et alla s'asseoir au bord du lac. Mais une telle foule s'assembla autour de lui qu'il dut monter dans une barque. Il s'y assit, tandis que la foule se tenait sur le rivage. Son discours se développa en une suite de paraboles.
" «Le Semeur, dit-il, sortit pour semer. Comme il semait, une partie de la graine tomba le long du chemin : les oiseaux vinrent la manger. Une autre partie tomba sur le sol pierreux, où elle ne trouva pas beaucoup de terre : elle germa aussitôt parce que la terre était peu profonde ; mais à peine le soleil eut-il paru, que, surchauffée, faute de racines, elle sécha. D'autres graines tombèrent dans les épines : les épines les étouffèrent. D'autres tombèrent dans la bonne terre : elles donnèrent du fruit, l'une cent, l'autre soixante, l'autre trente pour une. A bon entendeur d'entendre !» " Homélie :"Ce jour-là, Jésus sortit de la maison et alla s'asseoir au bord du lac. Mais une telle foule s'assembla autour de lui qu'il dut monter dans une barque. Il s'y assit, tandis que la foule se tenait sur le rivage. Son discours se développa en une suite de paraboles. «Le Semeur, dit-il, sortit pour semer.» "
Nous ne voyons plus beaucoup aujourd'hui, dans nos pays industrialisés, des agriculteurs en train d'ensemencer les champs à la main : il y a des machines qui font cela plus rapidement. Néanmoins, l'image du semeur, tel que Jésus en parle, ne s'est pas du tout échappée de notre esprit. Une preuve, parmi d'autres, c'est que dans notre porte-monnaie nous pourrions y trouver des pièces d'euro où figure une semeuse bien connue : celle qui orne les pièces d'origine française !
La semeuse : une figure qui a plus d'un siècle d'existence, une figure que nous avons vue et revue sur des timbres-poste affranchissant les lettres que nous ou nos parents avons reçues de tel ou tel correspondant français... Mais que peut bien signifier cette semeuse ? A ce sujet, quelqu'un a dit : "Cette République en marche symbolise les intentions pacifiques de la Nation, de la France, semeuse d'idées. Le soleil, à droite, exprime l'aube nouvelle qui se lève."
Rassurez-vous : je ne vais pas faire ici une analyse historique du symbole de la semeuse ou du semeur... Mais si une république laïque utilise un tel symbole pour vanter les Droits de l'Homme, c'est que ce même symbole est d'une importance cruciale pour la propagation et la défense des Droits de Dieu ! Car tout symbole, toute figure, est un moyen pour véhiculer une idée, qui peut être bonne ou mauvaise. Il y a donc semeur et semeur... Rappelons-nous la parabole de l'ivraie ! Il y a le bon semeur, et le mauvais, l'ennemi (cf. Mt. 13, 25).
Occupons-nous du bon semeur, qui est Dieu. Car Dieu est un semeur, le bon semeur, celui qui répand dans le monde sa Parole, qui est son Fils. Saint Pierre, qui a certainement bien retenu cette parabole du semeur, nous parle en effet de la semence de la Parole : "Vous avez été régénérés non pas d'une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, la parole vivante et éternelle de Dieu." (1 P. 1, 23) Jésus a d'ailleurs bien précisé que la semence, c'est "la Parole du royaume" (Mt. 13, 19), et donc que le semeur, c'est Dieu...
" «Comme il semait, une partie de la graine tomba le long du chemin : les oiseaux vinrent la manger.» "
Le premier cas qui se présente, c'est la semence qui tombe sur le chemin. Ici, ce chemin, ce n'est pas Jésus, comme ailleurs (cf. Jn. 14, 6). Si Jésus est la semence, il n'est pas le chemin. Qu'est-ce donc que ce chemin ? Voici : c'est tout lieu hors du champ, c'est-à-dire hors du royaume de Dieu. Or, ce lieu hors du royaume, cela s'appelle l'enfer, là où se trouve le démon et ceux qu'il a entraînés dans sa chute. Jésus explique ce passage ainsi : "Quand un homme entend la Parole du royaume et ne la comprend pas, le Malin vient enlever le grain semé dans son coeur ; cet homme, c'est le bord du chemin qui a reçu la graine." (Mt. 13, 19)
" «Une autre partie tomba sur le sol pierreux, où elle ne trouva pas beaucoup de terre : elle germa aussitôt parce que la terre était peu profonde ; mais à peine le soleil eut-il paru, que, surchauffée, faute de racines, elle sécha.» "
Voilà de la semence qui tombe en terre ! Qu'il est riche le sens de cette terre ! Dieu, qui est le semeur, "forma l'homme avec la poussière du sol" (Gn. 2, 7). Cette terre, c'est donc l'homme, et surtout son coeur. Car la semence, la Parole de Dieu, doit être aimée pour ce qu'elle est : Vérité ! Mais, Dieu, "qui avait façonné de la terre tous les animaux des champs et tous les oiseaux des cieux... fit descendre une torpeur sur l'homme, qui s'endormit ; il lui prit une côte, à la place de laquelle il referma la chair. De cette côte qu'il avait enlevée à l'homme, le Seigneur Dieu fit une femme." (Gn. 2, 19...22)
Tout cela montre que la terre, pour être le symbole de l'homme dans la parabole, et surtout, pour être le symbole du coeur de l'homme, doit être une terre profonde, si profonde que Dieu puisse en retirer une côte, et que, plus tard, l'Apôtre Saint Thomas puisse y mettre toute la main, afin de toucher le Coeur de l'Homme-Dieu, le Nouvel Adam ! Si la terre n'est pas profonde, alors, il s'agit d'une terre sans coeur ! Et dans une terre, ou un homme sans coeur, la semence de Dieu ne peut être reçue... Car elle n'y trouve rien pour s'abreuver à l'eau de la vie... Cette eau qui, sur la Croix du Calvaire, jaillit du Coeur de Jésus...
Ainsi, Jésus explique : "Le sol pierreux où elle tombe, c'est celui qui, la Parole à peine entendue, l'accueille avec joie ; mais il n'a pas de racine, il est versatile : survienne une épreuve ou une persécution à cause de la Parole, aussitôt il trébuche." (Mt. 13, 20-21)
" «D'autres graines tombèrent dans les épines : les épines les étouffèrent.» "
Le coeur de l'homme est fait pour aimer. Mais, nous le savons bien, les hommes aiment n'importe quoi, ce qui est bien, comme ce qui est mal. La terre, une terre qui a du coeur, une terre profonde, est capable de faire pousser n'importe quoi, ou presque. Tout cela dépend de la composition de la terre. Mais cela dépend aussi de ce qu'on y ajoute : de l'engrais pour améliorer la culture principale que l'on veut faire pousser, ou de l'herbicide destiné à tuer les mauvaises herbes. Si nous ne mettons ni engrais ni herbicide, alors la semence de la Parole de Dieu va nécessairement être étouffée par les mauvaises herbes et les ronces...
Et Jésus nous explique : "Le sol qui a reçu la graine parmi les épines représente celui qui a bien entendu la Parole, mais chez qui les soucis du monde et la séduction des richesses l'étouffent et la rendent stérile." (Mt. 13, 22)
" «D'autres tombèrent dans la bonne terre : elles donnèrent du fruit, l'une cent, l'autre soixante, l'autre trente pour une. A bon entendeur d'entendre !» "
L'explication de Jésus est simple : "La bonne terre ensemencée, c'est celui qui entend la Parole et la comprend : il porte du fruit, tantôt cent, tantôt soixante, tantôt trente pour un." (Mt. 13, 23)
Quand la semence germe dans la bonne terre, celle-ci retient en elle les racines de l'herbe qui se développe au soleil : la semence a comme disparu dans la terre et pénétré en elle... C'est ainsi que la Parole de Dieu pénètre le coeur de l'homme... Mais le coeur de l'homme ne peut prendre et conserver en lui une Parole qui le dépasse, car il ne peut la comprendre, étant la Parole même de Dieu. Ce n'est donc qu'avec l'aide de la foi que le coeur de l'homme parvient, grâce à Dieu, à comprendre et à retenir en lui la semence de la Parole de Dieu...
Finalement, tout ceci nous conduit à Marie, la Mère de Jésus. Car qui mieux qu'elle peut comprendre la Parole de Dieu et la méditer dans son coeur ? Demandons à Marie d'intercéder pour nous auprès de son Divin Fils, afin que par elle et avec elle, nous portions du fruit pour l'avancement du règne de Dieu, sur terre comme au Ciel !
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