Homélie pour le dixième dimanche dans l'année - Année A - Mt. 9, 9-13


par

le Père Daniel Meynen
 
 

"Jésus aperçut un homme installé au bureau des paiements des taxes ; il s'appelait Matthieu. «Suis-moi.», lui dit Jésus. L'homme se leva, et le suivit.


"Comme Jésus était à table dans la maison, de nombreux publicains et des gens de mauvaise vie vinrent se mettre à table avec lui et ses disciples. Ce que voyant, les pharisiens dirent aux disciples : «Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les gens de mauvaise vie ?» Ce que Jésus ayant entendu, il dit : «Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. Allez donc apprendre de cette parole : "Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices." (Osée 6, 6) Car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs.» "





Homélie :


"Jésus aperçut un homme installé au bureau des paiements des taxes ; il s'appelait Matthieu. «Suis-moi.», lui dit Jésus. L'homme se leva, et le suivit."


Jésus parcourt la Galilée. Il n'en est plus à son premier miracle : tout le monde, ou presque, a déjà entendu parler de lui (cf. Mc. 1, 28) Sa renommée l'a précédé : certains pensent que c'est un pécheur, car il n'observe pas le sabbat, d'autres le tiennent pour un prophète... Quoi qu'il en soit, c'est dans cet atmosphère de controverse que Jésus aperçoit un publicain du nom de Matthieu : il l'appelle à le suivre... Et Matthieu quitte tout pour suivre celui qui est la richesse même, le Bien unique, le seul Être capable de remplir le coeur des hommes !


Jésus a appelé Matthieu à le suivre ! Ce fut un très grand événement dans la vie de Matthieu, mais aussi dans la vie de toute l'Église. Car Matthieu est un des quatre évangélistes que nous lisons périodiquement afin de connaître chaque jour un peu mieux la Parole de Dieu telle que l'Esprit-Saint a permis à Matthieu de la conserver par écrit. Mais, aujourd'hui, la vocation de Matthieu peut-elle encore nous apporter quelque chose ? Sans aucun doute !


Tout d'abord, est-ce que Dieu nous appelle encore aujourd'hui à son service ? Ou plutôt, est-ce que nous, aujourd'hui, nous sommes encore à l'écoute de ce que Dieu pourrait nous dire ? Est-ce que nous tendons l'oreille à ce que l'Esprit dit à l'Église en cette année 2002 ? Sommes-nous attentifs aux signes de Dieu dans notre vie ? Car c'est de la sorte que Dieu nous appelle, c'est dans ces circonstances que nous pouvons être appelés par Dieu pour le suivre !


Matthieu avait entendu parler de Jésus, il savait qui était ce prophète de Nazareth, il était prêt à écouter tout ce que le Maître pourrait lui dire... Car la Parole de Dieu travaille d'abord à l'intérieur de l'âme, elle prépare l'esprit de l'homme par la grâce et elle le dispose intérieurement à l'accueil de la Parole qui lui sera plus tard adressée de l'extérieur par tel ou tel événement... Comme une goutte d'eau qui, sans bruit, pénètre une éponge, la grâce de Dieu façonne l'esprit de l'homme afin qu'il soit réceptif à la Parole de Dieu en temps opportun...


"Comme Jésus était à table dans la maison, de nombreux publicains et des gens de mauvaise vie vinrent se mettre à table avec lui et ses disciples."


On ne peut pas dire que c'est la grâce de Dieu qui poussait des gens de mauvaise vie à se mettre à table avec Jésus. Pourtant, l'aspect même de Jésus, son air aimable, plein de grâce et de bonté, était suffisant pour attirer à lui les gens de toute catégorie, bonnes gens et personnes vicieuses, hommes de bien et renégats, comme le bon larron crucifié avec Jésus sur le Calvaire... Car la grâce de Dieu peut agir de diverses manières, et, quand l'âme n'est pas bien disposée, la grâce peut se servir des signes extérieurs pour conduire l'homme à Dieu...


"Ce que voyant, les pharisiens dirent aux disciples : «Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les gens de mauvaise vie ?» Ce que Jésus ayant entendu, il dit : «Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. Allez donc apprendre de cette parole : "Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices." (Osée 6, 6) Car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs.» "


"Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices. Car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs." Quelle belle parole pour notre monde d'aujourd'hui ! Je l'ai déjà dit et le redis encore : pourquoi crie-t-on : "Justice ! Justice !" alors que nous devrions crier : "Miséricorde ! Miséricorde !" Pourquoi invoquer à grands cris la justice au nom d'une législation qui, dans beaucoup de pays, autorise l'avortement, et bientôt l'euthanasie ? Où sont les hommes justes ? Où sont les nations justes ? Où est ce monde qui se prétend juste ?


Où sont les temps auxquels tous les citoyens d'une même ville ou d'une même contrée partaient en procession, les notables et les magistrats en tête, pour implorer la miséricorde de Dieu ? Où est la foi de nos pères qui criaient : "Miséricorde !"... Il faut changer ! Il faut changer de vie ! Car l'heure est à la miséricorde, non à la justice... Le Seigneur Jésus est là, qui nous attend, avec sa grâce ! Le Seigneur Jésus plein de bonté et de compassion est là qui nous appelle à le suivre, comme Matthieu !


Demandons à la Très Sainte Vierge Marie d'intercéder pour nous auprès de son Divin Fils, afin que l'Esprit-Saint nous soit donné en abondance ! Que Jésus Eucharistie transforme notre coeur et fasse de nous de vrais disciples du Christ, pour la Gloire du Père, par Marie !



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