Homélie pour le dimanche de Pâques 2001 - Jn. 20, 1-9


par

le Père Daniel Meynen
 
 

"Le premier jour qui suivait le sabbat, de grand matin, lorsqu'il faisait encore noir, Marie de Magdala se rendit au sépulcre ; elle vit la pierre enlevée du tombeau. Elle court donc auprès de Simon-Pierre et de l'autre disciple que Jésus aimait et leur dit : «On a enlevé du tombeau le Seigneur, et nous ne savons pas où on l'a mis !» Pierre partit avec l'autre disciple, et ils se rendirent au tombeau. Ils couraient tous les deux, mais l'autre disciple, plus rapide que Pierre, prit les devants et arriva le premier au tombeau. Il se pencha, vit les linges posés là, mais il n'entra pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour ; il entre dans le caveau, voit les linges posés là, ainsi que le suaire qui avait couvert la tête de Jésus, non pas avec les linges, mais enroulé à part à une autre place. Alors l'autre disciple, arrivé le premier, s'introduisit à son tour dans le tombeau. Il vit et il crut. En effet, ils n'avaient pas encore compris, d'après l'Ecriture, qu'il devait ressusciter des morts."





Homélie :


"Le premier jour qui suivait le sabbat, de grand matin, lorsqu'il faisait encore noir, Marie de Magdala se rendit au sépulcre ; elle vit la pierre enlevée du tombeau."


Jésus est ressuscité ! Aujourd'hui, nous célébrons le plus grand de tous les Mystères de notre foi ! Aujourd'hui, l'Eglise et, par elle, le monde entier entendent résonner cette Bonne Nouvelle : Christ est ressuscité ! La Résurrection du Seigneur Jésus est la Bonne Nouvelle que chacun d'entre nous est appelé à accueillir au plus profond de son coeur, non seulement aujourd'hui, mais tous les jours de sa vie. Car chaque jour, nous sommes appelés à renaître et à revivre en Jésus ressuscité. Il n'y a pas de jour que Dieu fait sans que nous ayons besoin de la force et de la puissance de la Résurrection de Jésus, le Fils de Dieu fait Homme. La Résurrection du Christ : là est notre force, là est notre secours, maintenant et à jamais !


Chaque jour nous apporte son lot d'incertitudes, de craintes, de malheurs... Notre vie est ainsi faite. Qu'y pouvons-nous ? Le péché, le mal, la souffrance, et finalement, la mort, font partie de notre vie quotidienne. Nous sommes les descendants d'Adam et Eve, qui nous ont laissé un héritage funeste, parce que le démon les avaient tentés... Mais, voilà que nous sommes devenus fils ou filles de Dieu, héritiers du Père, dans le Christ Jésus. Chaque jour, surtout lorsque la malheur vient à nous frapper, l'Esprit de Dieu qui habite en nos coeurs est là pour raviver en nous ce souvenir : Jésus, premier-né d'une multitude de frères, est ressuscité ! Chaque jour, et plus encore aujourd'hui, jour de Pâques, cette Bonne Nouvelle fait notre force et notre joie, pour la Gloire de la Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit !


Ce qui fait la force et la puissance de la Bonne Nouvelle de Jésus ressuscité, c'est précisément qu'il s'agit là d'une "nouvelle", d'un fait "nouveau". Car ce qui est nouveau surprend et étonne, et la "nouvelle" puise sa force et sa puissance dans cette surprise, dans cet étonnement. Bien sûr, une "nouvelle" peut engendrer la peur, l'insécurité, le trouble. Mais la Résurrection du Seigneur est une "bonne" nouvelle ! Il s'agit d'une "nouvelle" qui apporte la Paix, la Joie, le Bonheur ! N'est-ce pas ce que ressentit Marie de Magdala au matin de Pâques, lorsqu'elle découvrit que le tombeau était ouvert et que le corps de Jésus avait disparu ? Marie de Magdala fut certainement fort surprise et étonnée de tout cela, mais l'Esprit-Saint sut la consoler et lui donner la lumière pour comprendre, déjà un peu, tout ce qui s'était passé...


"Elle court donc auprès de Simon-Pierre et de l'autre disciple que Jésus aimait et leur dit : «On a enlevé du tombeau le Seigneur, et nous ne savons pas où on l'a mis !» Pierre partit avec l'autre disciple, et ils se rendirent au tombeau."


Marie de Magdala s'en va prévenir Pierre, et aussi Jean, le disciple que Jésus aimait. Elle ne leur dit pas : "Jésus est ressuscité", mais : "On a enlevé du tombeau le Seigneur, et nous ne savons pas où on l'a mis !" Car, Marie de Magdala, en femme avisée et d'esprit pratique, garde bien les pieds sur terre, même si son esprit est déjà dans le Ciel ; elle ne veut s'en tenir qu'à cette "bonne nouvelle" qu'elle connaît avec certitude : "On a enlevé du tombeau le Seigneur !" Marie de Magdala a relevé et noté les "signes des temps" : "On a enlevé du tombeau le Seigneur !" Il ne lui importe pas, dans l'immédiat, de porter un jugement sur ce qu'elle a découvert : la seule chose qui compte pour elle, c'est d'en avertir Pierre, et les Apôtres, car ce sont eux que le Seigneur Jésus a désignés pour continuer sa mission sur la terre.


"Ils couraient tous les deux, mais l'autre disciple, plus rapide que Pierre, prit les devants et arriva le premier au tombeau. Il se pencha, vit les linges posés là, mais il n'entra pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour ; il entre dans le caveau, voit les linges posés là, ainsi que le suaire qui avait couvert la tête de Jésus, non pas avec les linges, mais enroulé à part à une autre place."


Le spectacle qui s'offre aux yeux de Pierre et de Jean est stupéfiant : tout respire la paix, l'ordre, la tranquillité. Cela les surprend au plus haut point : il est tout à fait impossible que l'on ait enlevé le corps en laissant les choses dans cet état. La surprise et l'étonnement font lentement place à une intime et profonde conviction : le Maître, Celui qu'ils ont lâchement abandonné, voire renié, comme ce fut le cas pour Pierre, oui, le Maître est ressuscité, comme il l'avait dit ! "Alors l'autre disciple, arrivé le premier, s'introduisit à son tour dans le tombeau. Il vit et il crut." Les faits parlent d'eux-mêmes, les "signes des temps" ne laissent plus de place à aucun doute. Pierre et Jean ont compris : ils sont les témoins de la "Bonne Nouvelle" !


"En effet, ils n'avaient pas encore compris, d'après l'Ecriture, qu'il devait ressusciter des morts."


Si les Apôtres ne croyaient pas à la Résurrection du Seigneur avant d'avoir vu le tombeau vide et les linges bien rangés, en ordre, il y avait cependant quelqu'un y croyait déjà : c'était Marie, la Mère de Jésus. Grâce à sa foi pure, sans tache et sans défaut, Marie était sans cesse instruite par l'Esprit-Saint. Depuis le temps de l'Incarnation, jour après jour, Marie recevait de l'Esprit de Dieu cette "bonne nouvelle" qu'elle avait hâte de découvrir en réalité, même s'il fallait qu'elle passe par la dure et pénible épreuve de la Croix. Demandons donc à Marie de nous aider à recevoir et à comprendre toujours davantage cette Bonne Nouvelle de la Résurrection du Seigneur !



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