Homélie
pour le quatrième dimanche dans l'année
Année B - Mc. 1, 21-28
par
le Père Daniel Meynen
"Jésus
et ses disciples se rendent à Capharnaüm. Dès le
jour du sabbat, Jésus entra dans la synagogue et se mit à
enseigner. On était frappé de sa doctrine, car il
parlait d'autorité et non comme les scribes.
"Or
il se trouvait précisément dans leur synagogue un homme
possédé d'un esprit impur ; il se mit à
vociférer : «De quoi te mêles-tu, Jésus de
Nazareth ? Es-tu venu nous perdre ? Je sais qui tu es : le Saint de
Dieu!» Mais Jésus le gourmanda : «Tais-toi,
dit-il, et sors de cet homme !» Alors l'esprit impur l'agita
convulsivement et sortit en hurlant. Saisis de stupéfaction,
tous se demandaient : «Qu'est-ce que cela ? Un enseignement
nouveau, donné d'autorité ; de plus, il commande aux
esprits impurs et ils lui obéissent !» Et sa renommée
se répandit de tous côtés dans toute la région
de la Galilée."
Homélie :
"Jésus
et ses disciples se rendent à Capharnaüm. Dès le
jour du sabbat, Jésus entra dans la synagogue et se mit à
enseigner. On était frappé de sa doctrine, car il
parlait d'autorité et non comme les scribes."
Durant toute sa vie, Jésus ne cessa un seul
instant d'enseigner son Peuple, le Peuple que Dieu s'était
choisi. C'est un phénomène unique, comme le Christ
lui-même. Toute la vie de Jésus est un enseignement :
non seulement ses paroles sont un enseignement, mais aussi, et même
d'abord, toute sa personne, tout ce que Jésus est en lui-même,
est un enseignement : car Jésus de Nazareth n'est pas
seulement un Homme, il est aussi un Dieu, le Dieu unique, Créateur
de l'Univers entier ! Jésus est la Parole de Dieu incarnée
: en Jésus, la Parole de Vie annonce sans cesse la Gloire du
Père !
"Jésus entra dans la synagogue." Jésus
va d'abord chez les siens : avec son Peuple, il ne fait qu'un corps,
qu'une même descendance venant d'Abraham, le Père des
Croyants. C'est donc en priorité parmi son Peuple que Dieu
annonce sa Parole afin qu'elle prenne 'corps' et se répande
chez tous les Juifs, après s'être incarnée en
Jésus par l'opération du Saint-Esprit. Ensuite, lorsque
les Juifs, en la personne du Grand-Prêtre, eurent rejété
Jésus, la Parole de Dieu fut adressée à toutes
les Nations, qui reçurent une force d'en-haut, celle de
l'Esprit de Dieu, qui les unit tous en un seul Corps mystique,
l'Eglise !
"On était frappé de sa doctrine, car
il parlait d'autorité et non comme les scribes." Ce qui
fait la différence entre la Parole de Jésus et toute
autre parole simplement humaine, c'est que celle de Jésus est
revêtue de cette force, de cette puissance de l'Esprit-Saint.
Peu auparavant, Jésus avait déclaré, à
Nazareth : "L'Esprit du Seigneur est sur moi..." (Lc. 4,
18) Jésus le sait : il est Dieu, et la Puissance du Très-Haut
(cf. Lc. 1, 35) repose sur lui ! Lorsque Jésus parle, l'Esprit
de Dieu met dans sa parole humaine toute la Puissance et toute la
Force de la Divinité, si bien que, lorsque cette parole
humaine de Jésus arrive aux oreilles de ses auditeurs, elle
résonne en leur coeur avec une puissance inégalable !
"Or
il se trouvait précisément dans leur synagogue un homme
possédé d'un esprit impur ; il se mit à
vociférer : «De quoi te mêles-tu, Jésus de
Nazareth ? Es-tu venu nous perdre ? Je sais qui tu es : le Saint de
Dieu!» Mais Jésus le gourmanda : «Tais-toi,
dit-il, et sors de cet homme !» Alors l'esprit impur l'agita
convulsivement et sortit en hurlant."
Il ne s'agit pas ici d'une simple guérison : nous
sommes en présence d'une lutte ouverte entre le Fils de Dieu
lui-même et le Prince de ce monde, Satan. Car il y a bien un
adversaire qui prétend s'opposer jusqu'à la fin à
la Parole de Dieu. Jésus est notre Sauveur : il est celui que
le Père a envoyé pour répandre dans le monde la
grâce qui sauve et qui donne la Vie. Mais cette oeuvre de salut
en Jésus-Christ est sans cesse en butte aux attaques de
l'ennemi, qui est le diable.
Ces attaques du démon se situent sur le plan de
la connaissance : "Je sais qui tu es : le Saint de Dieu!"
Car la Vie de Dieu est elle-même une vie de connaissance. Jésus
disait en effet, dans sa prière à son Père, la
veille de sa mort : "La vie éternelle consiste en ce
qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu." (Jn. 17, 3)
Cependant, nous ne sommes pas dans le temps de la connaissance de
Dieu : au contraire, nous sommes dans le temps de la foi, cette foi
qui est notre "victoire" (1 Jn. 5, 4) sur le démon.
Nous ne sommes pas dans le temps ultime de la Révélation
de Dieu, alors que nous le verrons tel qu'il est (cf. 1 Jn. 3, 2) :
mais nous sommes bien dans le temps de l'épreuve de la foi et
de l'obéissance à la Parole de Dieu.
Satan et les Anges qui l'ont suivi n'ont pas obéi
à Dieu, et ils ont cherché à convaincre l'homme
et la femme, Adam et Eve, de faire de même : ce fut le premier
péché, le péché originel. L'obéissance
et la foi sont une épreuve, une étape intermédiaire
qu'il faut franchir avant de parvenir à la pleine connaissance
de Dieu. Cette épreuve dure un temps, fixé par Dieu :
c'est le temps de notre vie sur terre. Adam et Eve, à la suite
des Anges déchus, n'ont pas respecté cette épreuve
que Dieu leur proposait et ils ont mangé du fruit de l'arbre
défendu. Ils sont ainsi entrés dans une connaissance de
Dieu qui était coupable : elle était mélangée
de bien et de mal. Après le péché du premier
homme, "le Seigneur Dieu dit : «Voici l'homme devenu comme
l'un de nous, pour la connaissance du bien et du mal." (Gn. 3,
22)
"Saisis
de stupéfaction, tous se demandaient : «Qu'est-ce que
cela ? Un enseignement nouveau, donné d'autorité ; de
plus, il commande aux esprits impurs et ils lui obéissent !»
Et sa renommée se répandit de tous côtés
dans toute la région de la Galilée."
Jésus ne cherchait jamais à ce que sa
renommée se répandît tout alentour. Au contraire,
il disait souvent de ne rien dire à personne du bien et des
miracles qu'il venait d'accomplir, de même qu'il dit ici à
l'esprit impur qui habitait cet homme : "Tais-toi !" La
raison en est d'abord qu'il n'avait pas besoin de se soucier de sa
renommée : l'Esprit-Saint était là pour y
veiller, tout comme il veille encore aujourd'hui et toujours pour
répandre çà et là la renommée des
serviteurs de Dieu qui travaillent inconnus dans le monde entier. La
seconde raison était qu'il devait combattre par l'humilité
cet orgueil qui réside dans tous les hommes et toutes les
femmes descendants d'Adam et Eve. Quand un phénomène
pareil se produit, nous sommes toujours enclins à exagérer
et à nous enorgueillir nous-mêmes du bien accompli par
d'autres...
Laissons-nous convaincre par la Parole de Dieu que nous
entendons en ce jour : même si nous n'étions pas
présents lorsque Jésus annonça son Evangile,
nous pouvons écouter cette même Parole de Dieu dans
l'Esprit-Saint qui habite en nos coeurs ! Que Marie nous aide de sa
foi et de sa prière !
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