Homélie pour le vingt-troisième dimanche dans l'année - Année B - Mc. 7, 31-37par le Père Daniel Meynen "Laissant le territoire de Tyr, Jésus vint par Sidon vers la mer de Galilée, au milieu du pays de la Décapole. On lui présente un sourd-bègue, et on le prie de lui imposer la main. Et Jésus le prit à part, à l'écart de la foule, lui mit ses doigts dans les oreilles et lui toucha la langue avec de la salive. Puis, les yeux levés vers le ciel, il soupira et lui dit : «Ephphata», c'est-à-dire : «Ouvre-toi !» Ses oreilles s'ouvrirent et aussitôt le lien de sa langue fut délié, et il parlait convenablement. Il leur interdit de le révéler à qui que ce fût ; mais plus il le leur défendait, plus ils le publiaient. Et ils étaient saisis d'une immense admiration. «Il a bien fait toutes choses, disaient-ils ; il fait entendre les sourds et parler les muets !»" Homélie :"Laissant le territoire de Tyr, Jésus vint par Sidon vers la mer de Galilée, au milieu du pays de la Décapole. On lui présente un sourd-bègue, et on le prie de lui imposer la main."
Jésus, inlassablement, continue son oeuvre d'évangélisation : il vient apporter la Bonne Nouvelle du Salut ! Déjà, il a multiplié les pains et fait de nombreux miracles. Dans peu de temps, il écoutera sa compassion pour la foule et il multipliera à nouveau les pains afin de nourrir tous ceux qui viennent à lui pour se rassasier de sa Parole de Vie (cf. Mc. 8, 1-9). Aujourd'hui, Jésus est prié de guérir un homme qui est sourd et qui ne peut pas parler.
Combien Jésus a pitié de cet homme, comme de tous ceux qui souffrent de quelqu'infirmité ! Mais ici, il s'agit de quelqu'un qui est sourd, et qui ne peut donc pas entendre son message à lui, sa Parole d'amour et de miséricorde ! Voilà que le Maître vient enseigner les hommes et les femmes du Peuple de Dieu, et il se rencontre parmi eux un homme qui ne peut recevoir son enseignement ! Quelle tristesse pour Jésus ! Quel dommage pour cet homme ! Mais aussi, d'un autre côté, quelle joie pour nous, pour vous et moi qui, je l'espère, jouissons de ce bienfait de l'audition et de l'ouïe ! Remercions-en le Seigneur de toutes choses : rendons grâces à Dieu pour tout ce qu'il nous a donné, spécialement pour le don d'entendre sa Parole !
"Et Jésus le prit à part, à l'écart de la foule, lui mit ses doigts dans les oreilles et lui toucha la langue avec de la salive."
Jésus veut absolument guérir cet homme sourd et muet. Jésus n'a pas eu besoin d'être prié longuement : le mal dont souffre cet homme est bien connu du Sauveur des hommes venu sur terre pour vaincre tous les obstacles qui pourraient se dresser contre le règne de sa Parole divine ! Mais Jésus veut que tout cela se passe à l'écart, loin de la foule. C'est tout à fait normal : la Parole de Dieu n'est pas perceptible dans le tumulte de la foule. Au contraire, cette Parole, même si elle est toute-puissante, ne se fait d'ordinaire entendre que dans le silence et le recueillement. "Et Jésus le prit à part, à l'écart de la foule."
Tâchons nous aussi de nous retirer à l'écart de la foule. Il y a un temps pour parler, mais il y a aussi un temps pour se taire. En particulier, lorsque nous participons à la célébration de l'Eucharistie, respectons les temps de silence ménagés ça et là par la liturgie. Celle-ci prescrit au célébrant de réciter quelques prières à voix basse, notamment à l'offertoire et avant la communion : c'est alors un temps favorable pour que les fidèles puissent eux aussi prier en silence, dans le fond de leur coeur. La grâce de Dieu peut ainsi agir tranquillement et ouvrir le coeur des croyants, tout comme Jésus, la grâce des grâces, a ouvert l'oreille et délié la langue de cet homme infirme.
"Puis, les yeux levés vers le ciel, il soupira et lui dit : «Ephphata», c'est-à-dire : «Ouvre-toi !» Ses oreilles s'ouvrirent et aussitôt le lien de sa langue fut délié, et il parlait convenablement."
Miracle ! Oui, miracle ! Jésus prononce cette parole : "Ephphata", c'est-à-dire : "Ouvre-toi !", et aussitôt, l'homme se met à entendre et à parler convenablement. L'homme, tout homme, toute femme, n'est pas seulement destiné à entendre la Parole de Dieu, mais il est aussi appelé par Dieu à parler, à dire et à redire cette Parole qu'il a entendue une première fois de la part du Fils de Dieu. Bien sûr, la guérison opérée ici par Jésus, même si elle a plusieurs significations, est d'abord le signe de ce que le Seigneur opérera en tous les élus lors de son retour glorieux à la fin des temps. Car c'est alors, en ce Jour suprême, que le Seigneur donnera à chacun des membres de son Corps mystique la puissance et la faculté de proclamer éternellement sa Parole divine. Alors, tous ceux qui seront au Christ deviendront pour l'éternité des "louanges de gloire", selon une expression chère à la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité.
En attendant, nous pouvons entendre une autre Parole de Jésus, celle qu'il va prononcer parmi nous par l'intermédiaire du célébrant qui dira bientôt, au nom du Christ : "Ceci est mon Corps", "Ceci est mon Sang". Soyons attentifs ! Ne laissons pas passer l'occasion de nous laisser guérir par la toute-puissance de la Parole de Dieu ! Préparons-nous avec soin à recevoir Jésus dans son sacrement, car alors, uni à lui dans l'Esprit-Saint, nous pourrons nous aussi devenir paroles de Dieu dans l'unique Parole !
"Il leur interdit de le révéler à qui que ce fût ; mais plus il le leur défendait, plus ils le publiaient."
Jésus ne veut pas que le miracle qu'il vient d'opérer soit connu tout alentour. Que pourrait-il craindre si ce miracle venait à être connu ? En fait, Jésus n'avait rien à craindre. D'ailleurs, la foule ne tint aucun compte de ses injonctions : "Plus il le leur défendait, plus ils le publiaient." C'est qu'il y a là un mystère.
L'homme guéri par le Christ est pour nous un signe de l'homme à qui le Seigneur a donné la faculté d'entendre et de proclamer la Parole de Dieu. Il s'agit donc d'un signe de celui qui est véritablement l'élu de Dieu dans le Christ. Or, l'élection divine d'un tel ou d'un tel appartient uniquement à Dieu : c'est Dieu lui-même qui choisit qui il veut. Il ne faut donc pas qu'un autre que Dieu proclame et répande le miracle en question : les hommes ne peuvent pas prendre la place de Dieu et décider qui sera élu et qui ne le sera pas. "Il leur interdit de le révéler à qui que ce fût ; mais plus il le leur défendait, plus ils le publiaient."
"Et ils étaient saisis d'une immense admiration. «Il a bien fait toutes choses, disaient-ils ; il fait entendre les sourds et parler les muets !»"
C'est bien vrai ! Le Seigneur fait bien toutes choses ! Même si Dieu permet certains maux de la part des hommes et ou de la nature, soyons sûrs que si nous lui demandons humblement de remédier au problème qui nous préoccupe, il le fera certainement : "Il a bien fait toutes choses, disaient-ils ; il fait entendre les sourds et parler les muets !"
Demandons à Marie, la Mère de Jésus, qui est aussi la Mère de l'Eglise, de prier avec nous et pour nous tous les jours de notre vie ! Soyons assurés d'être toujours exaucés, car Marie a un bon coeur et de bonnes oreilles ! N'est-elle pas celle qui, la première, a entendu la Divine Parole résonner dans son coeur ?
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