Homélie pour le vingt-deuxième dimanche dans l'année - Année B - Mc. 7, 1...23par le Père Daniel Meynen "Les pharisiens et quelques scribes venus de Jérusalem se réunissent auprès de Jésus. Voyant quelques uns de ses disciples prendre leurs repas avec des mains souillées, c'est-à-dire non lavées, (les pharisiens en effet et tous les Juifs ne mangent pas sans s'être lavé soigneusement les mains, car ils tiennent à la tradition des anciens ; en rentrant du marché, ils ne mangent pas sans avoir fait des ablutions ; et il y a beaucoup d'autres coutumes qu'ils observent par tradition : immersions de coupes, de cruches et de casseroles), les pharisiens et les scribes lui demandent : «Pourquoi tes disciples, au lieu de suivre la tradition des anciens, prennent-ils leurs repas avec des mains souillées ?» Jésus leur répondit : «Isaïe a joliment bien prophétisé de vous, hypocrites, lorsqu'il écrit : "Ce peuple m'honore des lèvres, mais son coeur est loin de moi. Vain est leur culte, puisqu'ils enseignent pour doctrine des préceptes humains (29, 13)." Vous délaissez le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes.»
"Ayant appelé de nouveau la foule, Jésus disait : «Ecoutez-moi tous, et comprenez ! Il n'existe hors de l'homme rien qui soit à même de le souiller s'il l'absorbe. Ce qui sort de lui, voilà ce qui peut souiller l'homme... Car c'est du dedans, du coeur des hommes, que procèdent les pensées mauvaises : dévergondages, vols, meurtres, adultères, cupidités, perversités, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil, folie. Tous ces vices sortent du dedans et souillent l'homme.»" Homélie :"Les pharisiens et quelques scribes venus de Jérusalem se réunissent auprès de Jésus. Voyant quelques uns de ses disciples prendre leurs repas avec des mains souillées, c'est-à-dire non lavées, (...), les pharisiens et les scribes lui demandent : «Pourquoi tes disciples, au lieu de suivre la tradition des anciens, prennent-ils leurs repas avec des mains souillées ?» Jésus leur répondit : «Isaïe a joliment bien prophétisé de vous, hypocrites, lorsqu'il écrit : "Ce peuple m'honore des lèvres, mais son coeur est loin de moi. Vain est leur culte, puisqu'ils enseignent pour doctrine des préceptes humains (29, 13)." Vous délaissez le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes.»"
Jésus est le Fils de Dieu devenu Homme par son Incarnation dans le sein de la Très Sainte Vierge Marie. Dans le Christ, Dieu vient habiter parmi les hommes afin de les inviter à participer à sa propre vie divine. C'est là la grande nouvelle que nous, chrétiens, annonçons au monde entier depuis deux mille ans environ ! C'est là la merveille que le Seigneur accomplit en nous depuis le jour de la Pentecôte grâce au don de son Esprit-Saint !
Mais cette nouvelle, cette "nouveauté" dérange : elle vient bousculer nos habitudes ! Car le Ciel qui envahit la terre, si on peut ainsi parler, c'est vraiment dérangeant ! Notre petit esprit n'est pas capable de concevoir un tel événement, car il lui manque une lumière spéciale, celle que l'obéissance d'Adam, le premier homme, aurait pu lui mériter s'il avait effectivement obéi à l'ordre de Dieu dans le jardin d'Eden... Il ne faut pas se le cacher : le Ciel nous dérange !
Il n'est donc pas étonnant que les pharisiens et les scribes du temps de Jésus récriminent contre les disciples du Maître parce que ceux-ci n'observent pas leurs traditions : la nouvelle manière de faire que Jésus enseigne dérange fortement ! Cependant, il faut bien comprendre pourquoi la nouvelle manière enseignée par Jésus dérange. En effet, le Christ n'est pas venu abolir la Loi ancienne : il est venu l'accomplir et lui donner sa perfection. "Ne croyez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes ; je suis venu non les abolir, mais les accomplir." (Mt. 5, 17)
Cette perfection de la Loi consiste à accorder ensemble le corps et l'âme, les observances extérieures et le culte intérieur. Ainsi, même si, nous chrétiens, nous n'observons plus les ordonnances et les coutumes de la Loi ancienne, nous n'observons pas la Loi nouvelle sans accompagner le culte intérieur de pratiques externes et matérielles, telles que nous en accomplissons périodiquement dans le culte liturgique par exemple. En particulier, et dans la droite ligne de la Tradition judaïque, nous rompons le pain lors de chaque Eucharistie, afin de manifester dans un signe externe notre offrande spirituelle unie à l'unique Sacrifice du Christ.
Il est capital pour nous d'associer le culte intérieur et les pratiques extérieures de religion : les deux sont indispensables pour une harmonie parfaite de notre foi. Il n'est pas rare, de nos jours, de rencontrer des gens qui prétendent être chrétiens et croyants, mais qui ne veulent pas se rendre à l'église ou au temple pour louer le Seigneur chaque dimanche en communauté. Ces chrétiens veulent peut-être bien un jour aller au Ciel, s'ils y pensent, mais se montrer en public et prier avec d'autres le dimanche, cela, ils n'en veulent pas : vraiment, ça les dérange ! Ne seraient-ce pas là les nouveaux pharisiens, ceux de l'an 2000 ?
"Ayant appelé de nouveau la foule, Jésus disait : «Ecoutez-moi tous, et comprenez ! Il n'existe hors de l'homme rien qui soit à même de le souiller s'il l'absorbe. Ce qui sort de lui, voilà ce qui peut souiller l'homme... Car c'est du dedans, du coeur des hommes, que procèdent les pensées mauvaises : dévergondages, vols, meurtres, adultères, cupidités, perversités, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil, folie. Tous ces vices sortent du dedans et souillent l'homme.»"
Jésus enseigne la foule et la met en garde contre toutes sortes de vices et de péchés. Car il est inutile de vouloir paraître purs et irréprochables devant les autres si on est plein de malice et de méchanceté au dedans de nous. Même si nous nous persuadons que nous sommes purs au dedans de nous, Dieu nous voit tels que nous sommes, avec toute la laideur du mal et du péché qui est en nous. Il n'y a pas d'alternative : il faut absolument accorder ensemble notre intérieur et notre extérieur. Si nous vivons publiquement notre foi - et nous le devons - il faut que nous demandions humblement pardon à Dieu pour nos péchés, afin d'être purs en nous et de paraître tel hors de nous. Si nous disons au Seigneur que nous croyons en lui et que nous l'aimons vraiment, alors nous devons témoigner de notre attachement au Christ en pratiquant fidèlement et publiquement notre religion.
Le parfait équilibre entre la pratique externe et le culte intérieur n'est pas toujours facile à atteindre. En fait, il s'agit presque toujours d'un compromis entre l'une et l'autre. Car, d'un côté, il y a des situations et des circonstances dans lesquels il peut être dangereux et inopportun de manifester sa foi en public : pour un temps, plus ou moins long, nous devons parfois nous contenter de rendre grâce au Seigneur dans la seule intimité de notre coeur. D'un autre côté, nous sommes si fragiles et si enclins à pécher que nous ne sommes jamais parfaitement purs et délivrés de tout mal, quoique nous fassions quand même tous nos efforts pour tendre à la perfection : seul le Seigneur est parfait et ce n'est qu'en lui que, extérieurement, nous pouvons sans crainte paraître aux yeux du monde comme les membres de son Corps.
Nous allons bientôt rompre le Pain de Vie au cours de cette célébration. Ce sera pour nous le moment d'exprimer toute notre foi à la puissance salvifique du Christ : tous ensemble, d'un seul coeur, d'une seule âme, offrons-nous au Seigneur pour manifester sa Gloire dans toute notre vie, une vie sainte et pure, d'esprit et de corps ! Tournons notre regard vers Marie, la Mère de Jésus ! Demandons-lui son secours pour nous aider à changer de vie ! Rien n'est impossible à Dieu ! Rien n'est imposible avec l'aide de la prière de Marie !
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