Homélie pour le treizième dimanche dans l'année - Année B - Mc. 5, 21-43par le Père Daniel Meynen "Lorsque Jésus fut passé en barque sur l'autre rive, une foule nombreuse l'entoura de nouveau. Lui se tenait au bord du lac. L'un des chefs de la synagogue, nommé Jaïre, se présente et, à sa vue, tombe à ses pieds. Il le supplie avec insistance : «Ma fillette, dit-il, est à toute extrémité ; viens lui imposer les mains pour la sauver et la faire vivre.» Jésus partit avec lui. Une grande foule le suivait et le pressait.
"Or il y avait là une femme affligée d'une perte de sang depuis douze ans. Elle avait beaucoup souffert de l'intervention de nombreux médecins ; elle avait dépensé tout son avoir sans trouver aucun soulagement et, au contraire, elle allait de mal en pis. Ayant entendu parler de Jésus, elle vint dans la cohue et, par derrière, saisit son manteau. Elle se disait, en effet : «Si je parviens à saisir, ne fût-ce qu'un bout de ses vêtements, je suis sauvée.» A l'instant la source de sang fut tarie, et elle eut la sensation d'être guérie de son infirmité. Et aussitôt Jésus, conscient de la force miraculeuse émanée de lui, se retourna dans la foule : «Qui m'a pris par mon vêtement ?» dit-il. Et ses disciples : «Vois, la foule te presse et tu demandes : Qui m'a touché ?» Et il regardait autour de lui pour voir qui avait fait cela. Or la femme, effarée et tremblante, se rendant compte de ce qui lui était arrivé, vint alors se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. Mais lui : «Ma fille, dit-il, ta foi t'a sauvée ; va en paix et sois guérie de ton mal.»
"Comme il parlait encore, des gens arrivent de chez le chef de la synagogue : «Ta fille est morte ; à quoi bon importuner encore le Maître ?» Mais Jésus surprit le message et dit au chef de la synagogue : «Ne crains pas, crois seulement.» Et il ne permit à personne de l'accompagner, si ce n'est à Pierre, Jacques et Jean, le frère de Jacques. En arrivant à la maison du chef de la synagogue, il aperçoit une cohue et des gens occupés à se lamenter et à crier tant et plus. Il entre et leur dit : «Pourquoi tout ce vacarme et ces lamentations ? L'enfant n'est pas morte, elle dort.» Mais on se moquait de lui. Lui cependant met tout le monde à la porte, prend avec lui le père de l'enfant et sa mère et ses propres compagnons, puis il pénètre où reposait la fille. Prenant alors l'enfant par la main, il lui dit : «Talitha koum», c'est-à-dire «Fillette, lève-toi, je te le dis.» Aussitôt, elle se leva, et se mit à marcher (elle avait douze ans). Ils restèrent complètement stupéfaits. Il leur recommanda vivement que personne ne l'apprît, et il lui fit donner à manger." Homélie :"Lorsque Jésus fut passé en barque sur l'autre rive, une foule nombreuse l'entoura de nouveau. Lui se tenait au bord du lac. L'un des chefs de la synagogue, nommé Jaïre, se présente et, à sa vue, tombe à ses pieds. Il le supplie avec insistance : «Ma fillette, dit-il, est à toute extrémité ; viens lui imposer les mains pour la sauver et la faire vivre.» Jésus partit avec lui. Une grande foule le suivait et le pressait."
Après avoir célébré les fêtes de la Pentecôte, de la Sainte Trinité, et du Saint Sacrement, voilà que l'Eglise reprend, chaque dimanche, la lecture de l'évangile de Saint Marc. Jésus et ses disciples sont en Galilée, sur le bord du lac. Nombreux sont les gens qui viennent vers le Sauveur, car ils ont entendu dire qu'il opère miracles et guérisons sans nombre ! Parmi eux se trouvent un des chefs de la synagogue : Jaïre. Prosterné aux pieds de Jésus, il le presse de venir guérir sa fille chez lui. Et Jésus, plein de bonté pour tous, se met en route avec ses disciples.
"Or il y avait là une femme affligée d'une perte de sang depuis douze ans. Elle avait beaucoup souffert de l'intervention de nombreux médecins ; elle avait dépensé tout son avoir sans trouver aucun soulagement et, au contraire, elle allait de mal en pis. Ayant entendu parler de Jésus, elle vint dans la cohue et, par derrière, saisit son manteau. Elle se disait, en effet : «Si je parviens à saisir, ne fût-ce qu'un bout de ses vêtements, je suis sauvée.» A l'instant la source de sang fut tarie, et elle eut la sensation d'être guérie de son infirmité."
Dans la foule, une femme suit Jésus de près, de très près même, car elle veut à tout prix toucher son manteau ! Contrairement à Jaïre qui voudrait que Jésus aille jusqu'à sa fille malade pour qu'il la touche et la guérisse, cette femme, atteinte d'une perte de sang depuis douze ans, veut aller jusqu'à Jésus pour pouvoir le toucher elle-même : "Si je parviens à saisir, ne fût-ce qu'un bout de ses vêtements, je suis sauvée." Curieusement, cette femme a reçu de Dieu une grâce spéciale qui semble l'autoriser à décider elle-même du moment où elle serait guérie. Car, ici, Jésus ne décide de rien, sinon du fait d'avoir donné à cette femme la grâce, venant de son Père céleste, pour s'approcher de lui et recevoir de sa toute-puissance la guérison de sa maladie. Cette femme qui tente de s'approcher du Sauveur pour le toucher est bien une fille de prédilection du Père, qui lui a donné ce pouvoir gratuit : "Nul ne peut venir à moi si cela ne lui a été donné par le Père." (Jn. 6, 65)
"Et aussitôt Jésus, conscient de la force miraculeuse émanée de lui, se retourna dans la foule : «Qui m'a pris par mon vêtement ?» dit-il. Et ses disciples : «Vois, la foule te presse et tu demandes : Qui m'a touché ?» Et il regardait autour de lui pour voir qui avait fait cela. Or la femme, effarée et tremblante, se rendant compte de ce qui lui était arrivé, vint alors se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. Mais lui : «Ma fille, dit-il, ta foi t'a sauvée ; va en paix et sois guérie de ton mal.»"
Ayant touché le vêtement de Jésus, la femme fut guérie aussitôt : "A l'instant la source de sang fut tarie, et elle eut la sensation d'être guérie de son infirmité." Mais Jésus, bien qu'entouré de nombreuses personnes, a senti profondément, au plus intime de son âme, que quelqu'un l'avait touché d'une manière toute spéciale : il a senti qu'il avait été touché dans son corps, dont le vêtement épouse la forme, mais aussi, et surtout, dans son âme, là l'Esprit de Dieu habite, cet Esprit tout-puissant, Celui qui est vraiment "la Puissance du Très-Haut" (Lc. 1, 35). Touché par son vêtement, Jésus est touché dans son âme, car la femme qui voulait être guérie croyait fermement que Jésus pouvait lui accorder cette faveur spéciale. Par le contact corporel, c'est l'âme de Jésus et celle de cette femme qui se rencontrèrent, afin que Celui qui est saint et pur par excellence donne le salut de l'âme et du corps à celle qui a suivi fidèlement la grâce venant du Père. "Ma fille, dit-il, ta foi t'a sauvée ; va en paix et sois guérie de ton mal."
"Comme il parlait encore, des gens arrivent de chez le chef de la synagogue : «Ta fille est morte ; à quoi bon importuner encore le Maître ?» Mais Jésus surprit le message et dit au chef de la synagogue : «Ne crains pas, crois seulement.» Et il ne permit à personne de l'accompagner, si ce n'est à Pierre, Jacques et Jean, le frère de Jacques."
L'épisode de la femme qui avait une perte de sang a visiblement marqué la vie de Jésus : son âme a été touchée. Les événements qui surviennent juste après la guérison de cette femme le prouvent : ce n'est plus une jeune fille que Jésus doit aller guérir, c'est maintenant une morte qu'il va ressusciter ! Qui sait si Jésus ne serait pas arrivé à temps s'il n'y avait eu tant de monde sur la route, ni surtout s'il n'y avait pas eu cette femme qui l'avait touché ? Sans aucun doute, la grâce que le Père céleste accorda à cette femme pour aller vers Jésus et être guérie marque une étape importante dans la vie du Sauveur. D'ailleurs, si Jésus n'emmena pas tout le monde, mais seulement Pierre, Jacques, et Jean, c'est bien pour signifier que l'événement qui allait avoir lieu était parmi les plus importants de sa vie publique.
"En arrivant à la maison du chef de la synagogue, il aperçoit une cohue et des gens occupés à se lamenter et à crier tant et plus. Il entre et leur dit : «Pourquoi tout ce vacarme et ces lamentations ? L'enfant n'est pas morte, elle dort.» Mais on se moquait de lui."
Arrivé à la maison du chef de la synagogue, Jésus tente de faire cesser les lamentations, les pleurs, et les cris, qui témoignaient de la mort de la jeune fille. Jésus prophétise ; il dit : "L'enfant n'est pas morte, elle dort." Mais, comme tous les prophètes qui annoncèrent son règne et sa venue, Jésus ne reçoit pour réponse que la moquerie et la raillerie de ceux qui étaient là à se lamenter et à pleurer... Jésus peut annoncer çà et là que la vie éternelle sera la récompense d'une vie sainte et pure devant Dieu et devant les hommes : c'est un message que l'on accepte encore assez bien, car, de toute façon, comme il s'agit de la vie après la mort, on a tout le temps de la voir arriver... Mais ici, c'est tout autre chose ! Car si cette jeune fille dort, c'est qu'elle va se réveiller ; or, quand un mort se réveille, n'est-ce pas déjà là une anticipation de la Résurrection finale, une manifestation, dans notre temps, de la Vie éternelle ? Alors, quand on ne veut pas y croire, il n'y a qu'une seule chose à faire : s'en moquer...
"Lui cependant met tout le monde à la porte, prend avec lui le père de l'enfant et sa mère et ses propres compagnons, puis il pénètre où reposait la fille. Prenant alors l'enfant par la main, il lui dit : «Talitha koum», c'est-à-dire «Fillette, lève-toi, je te le dis.» Aussitôt, elle se leva, et se mit à marcher (elle avait douze ans). Ils restèrent complètement stupéfaits. Il leur recommanda vivement que personne ne l'apprît, et il lui fit donner à manger."
On se moque de Jésus, mais lui, il continue son chemin, il poursuit sa mission, celle que le Père lui a confiée : révéler au monde entier qu'il est, lui, la Vie éternelle. Plus tard, lorsqu'il s'agira de ressusciter son ami Lazare, Jésus déclarera à Marthe : "C'est moi la résurrection : celui qui croit en moi, vivra, fût-il mort." (Jn. 11, 25) Et Marthe croira tout cela. Ici aussi, le père de la fillette morte croit que Jésus est tout-puissant et qu'il peut ressusciter celle qui "dort". Jésus lui a donné cette grâce pour croire, lorqu'il lui a dit : "Ne crains pas, crois seulement." Cette foi n'est sans doute pas bien grande, mais elle a été manifestée par une démarche qui ne trompe pas : le simple fait d'aller vers le Sauveur pour l'inviter à se rendre auprès d'une jeune fille malade, et maintenant morte... Cette foi sincère et vraie, Jésus tient à la récompenser : il prend la main de la jeune fille, et lui ordonne de se lever. La jeune fille se lève : elle vivante, elle est revenue à la vie !
Jésus a passé une étape importante, capitale, de sa vie humaine. Il reprend sa route avec ses disciples. Suivons-le, pas à pas. N'ayons pas peur ! Il nous conduira sur les chemins d'éternité ! Il est toujours avec nous, notamment dans le Sacrement de son Corps et de son Sang. Allons à lui avec toute l'ardeur de notre foi ! Demandons à Marie de nous accompagner et de nous aider à puiser sans cesse à cette source de vie et de puissance qui est dans l'Amour et le Coeur miséricordieux de son Divin Fils !
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